Acheter un bien ne donne AUCUN visa : la règle d'or
C'est la confusion la plus dangereuse chez les investisseurs étrangers. Détenir de l'immobilier au Japon ne confère aucun titre de séjour. Vous pouvez acheter autant de biens que vous voulez en tant que non-résident : cela ne vous donne ni visa, ni résidence, ni chemin vers la résidence permanente (eijūken).
Ce qui peut ouvrir droit à un visa, c'est l'ACTIVITÉ économique d'une véritable société que vous dirigez au Japon : pas la simple propriété. Le visa concerné est le keiei kanri (keiei-kanri, « gestion et administration »), délivré par l'agence des services d'immigration (Shutsunyūkoku Zairyū Kanri-chō, ISA).
Si votre objectif est uniquement d'acheter sans vous installer, aucun visa n'est nécessaire : voir acheter une maison au Japon sans visa. Le lien entre achat, financement et statut est détaillé dans le crédit immobilier au Japon pour un étranger.
Le visa keiei kanri : diriger une société réelle
Le visa keiei kanri s'adresse à qui vient créer et diriger une entreprise au Japon, ou en gérer une existante. Il ne récompense pas un placement passif : l'administration veut une activité économique substantielle et durable.
Concrètement, l'ISA examine notamment :
- un bureau physique (jigyōsho) réel et dédié au Japon : une simple adresse de domiciliation ne suffit généralement pas ;
- un plan d'affaires (jigyō keikakusho) crédible et viable ;
- un capital et des moyens suffisants pour faire tourner l'activité ;
- une substance réelle : clients, contrats, comptabilité, et au moins un salarié à temps plein depuis la réforme de 2025.
Une société immobilière peut être éligible, mais à condition d'exercer une vraie activité (achat-revente, promotion, gestion pour compte de tiers, exploitation hôtelière sous licence), pas de se limiter à encaisser des loyers sur un ou deux biens détenus passivement (voir plus bas).
La réforme 2025 : un capital nettement plus élevé
Historiquement, le seuil de capital de référence pour le keiei kanri était de 5 millions de yens (≈ 33 000 €), ou deux salariés à temps plein. C'est terminé : l'arrêté publié le 10 octobre 2025 et entré en vigueur le 16 octobre 2025 a porté le capital minimum à 30 millions de yens (≈ 185 000 €) et rendu les conditions cumulatives : au moins un salarié à temps plein (japonais ou résident sans restriction de travail), un plan d'affaires visé par un professionnel agréé (consultant PME 中小企業診断士 ou expert-comptable 公認会計士), trois ans d'expérience de direction ou un diplôme de gestion de niveau master, et un niveau de japonais élevé (équivalent JLPT N2) chez le demandeur ou chez un salarié à temps plein.
Les statuts obtenus avant la réforme bénéficient d'une transition : leurs renouvellements restent jugés selon les anciennes règles jusqu'au 15 octobre 2028. Pour un nouveau dossier, faites-vous conseiller par un professionnel de l'immigration (gyōsei shoshi spécialisé) : la pratique administrative s'affine décision après décision.
| Élément | Avant le 16/10/2025 | Depuis le 16/10/2025 |
|---|---|---|
| Capital | ≈ 5 M¥ (≈ 33 000 €) ou 2 salariés | 30 M¥ minimum (≈ 185 000 €) |
| Salarié à temps plein | alternative au capital | exigé (au moins un, sans restriction de travail) |
| Bureau physique | exigé | exigé, contrôle renforcé |
| Plan d'affaires | exigé | visé par un professionnel agréé |
| Expérience / diplôme | non exigé | 3 ans de gestion ou master |
| Japonais | non exigé | JLPT N2 (demandeur ou salarié) |
Message clé : le visa keiei kanri n'est plus un ticket d'entrée, c'est un projet d'entreprise complet. Il n'a jamais été, et encore moins désormais, un raccourci pour « acheter du locatif et obtenir un visa ».
GK ou KK : quelle structure pour la société ?
Pour porter l'activité, deux formes de sociétés dominent au Japon :
合同société (GK) : la société simple
La gōdō gaisha (GK), proche de la LLC, est plus rapide et moins coûteuse à créer, avec une gouvernance souple. Elle convient à une petite structure de gestion immobilière ou d'exploitation.
株式société (KK) : la société par actions
La kabushiki gaisha (KK) est plus formelle, mieux perçue par les banques et partenaires, mais plus lourde et coûteuse à constituer et à administrer.
Le choix GK vs KK n'affecte pas le principe du visa : dans les deux cas, il faut une activité réelle, un bureau et un capital conformes. La KK rassure davantage les tiers ; la GK est plus économique pour démarrer. Un professionnel vous orientera selon la taille du projet.
La détention locative passive ne suffit pas
Voici l'erreur fréquente à éviter absolument : croire qu'acheter un ou deux appartements et les louer via une société suffit à décrocher un keiei kanri. La simple détention locative passive ne remplit généralement pas les critères : l'administration cherche une activité économique substantielle, pas un placement dormant.
Ce qui compte, c'est le caractère opérationnel de la société :
- volume et diversité de l'activité (plusieurs opérations, clients tiers) ;
- bureau réel, gestion effective, comptabilité tenue ;
- éventuellement emploi de personnel, contrats commerciaux ;
- plan d'affaires démontrant la viabilité et la pérennité.
Autrement dit : le visa récompense un entrepreneur, pas un rentier. Si votre projet est d'acheter pour louer sans créer d'activité, l'achat reste possible sans visa, mais ne comptez pas sur l'immobilier seul pour vous installer. Pour bâtir un projet cohérent (achat, structure, exploitation), appuyez-vous sur notre guide de l'achat immobilier au Japon et découvrez des cas concrets dans nos réalisations.
Conclusion : séparer nettement l'achat et le visa
Retenez la ligne rouge : l'immobilier n'ouvre aucun droit au séjour. Le visa keiei kanri récompense une société réelle et active : bureau physique, plan d'affaires solide, capital d'au moins 30 M¥, un salarié à temps plein, et une substance opérationnelle que la simple détention locative n'atteint pas. GK pour démarrer léger, KK pour rassurer les partenaires.
Vérifiez toujours l'état du droit auprès de l'Shutsunyūkoku Zairyū Kanri-chō (ISA) et du Hōmushō, et faites-vous conseiller par un professionnel de l'immigration. Pour construire un projet immobilier cohérent, du choix des biens à l'exploitation, découvrez notre accompagnement personnalisé.
Questions fréquentes
Acheter un bien immobilier au Japon donne-t-il un visa ?
Non. La détention d'immobilier ne confère aucun titre de séjour au Japon, quel que soit le montant investi. Un non-résident peut acheter librement, mais cela n'ouvre ni visa ni résidence. Seule l'activité d'une véritable société dirigée au Japon peut ouvrir droit au visa keiei kanri.
Peut-on obtenir le visa keiei kanri avec une société immobilière ?
Oui, mais seulement si la société exerce une activité réelle et substantielle (achat-revente, gestion pour tiers, exploitation sous licence), avec bureau physique, plan d'affaires et capital conformes. La simple détention locative passive d'un ou deux biens ne suffit généralement pas aux yeux de l'ISA.
Quel capital faut-il pour le visa business manager en 2025 ?
Depuis le 16 octobre 2025, le capital minimum est de 30 millions de yens (≈ 185 000 €), contre environ 5 M¥ auparavant. S'y ajoutent au moins un salarié à temps plein, un plan d'affaires visé par un professionnel agréé, trois ans d'expérience de direction ou un diplôme de gestion, et un niveau de japonais élevé (JLPT N2) chez le demandeur ou un salarié. Les statuts obtenus avant la réforme se renouvellent selon les anciennes règles jusqu'au 15 octobre 2028.
Faut-il créer une GK ou une KK pour ce visa ?
Les deux sont possibles. La 合同société (GK) est plus rapide et moins coûteuse à créer, idéale pour démarrer léger. La 株式société (KK) est plus formelle et mieux perçue par les banques et partenaires, mais plus lourde. Dans les deux cas, une activité réelle, un bureau et un capital conformes restent exigés.
Un simple investissement locatif peut-il suffire pour le visa ?
Non, en général. La détention locative passive est considérée comme un placement, pas comme une activité entrepreneuriale. L'ISA recherche une société opérationnelle avec substance économique. Pour vous installer durablement, il faut donc un vrai projet d'entreprise, pas seulement des loyers encaissés.
Sources officielles
Reprendre depuis le début
Cet article éclaire une étape ; le guide immoJapon couvre tout l'achat au Japon, de la recherche du bien à la signature finale : gratuitement, en 7 chapitres.
