Prendre sa retraite au Japon : la réponse courte
Le Japon ne délivre aucun visa retraite. Ni l'agence des services d'immigration (Shutsunyūkoku Zairyū Kanri-chō), ni le ministère des Affaires étrangères n'ont de catégorie « retraite », « pensionné » ou « rentier », contrairement au Portugal, à la Thaïlande ou à la Malaisie. Un retraité étranger qui veut vivre au Japon plus de 90 jours doit donc emprunter une des voies de séjour existantes, qui ont toutes été conçues pour autre chose.
En revanche, rien ne vous empêche d'acheter : la propriété immobilière japonaise est ouverte aux étrangers non résidents, sans autorisation préalable ni quota. C'est la distinction la plus importante de cet article, et celle que les acheteurs confondent le plus souvent : acheter une maison au Japon sans visa est parfaitement légal, mais l'acte de propriété ne vous donne pas un jour de séjour supplémentaire.
Un projet de retraite japonais tient donc sur trois piliers, à vérifier dans cet ordre : le droit de séjour, la couverture maladie, puis seulement le logement. Prendre les trois dans le désordre, c'est-à-dire acheter d'abord, est l'erreur qui coûte le plus cher.
| Ce que beaucoup croient | La règle réelle |
|---|---|
| « Il existe un visa retraite japonais » | Non : aucune catégorie de ce type n'existe dans la loi sur le contrôle de l'immigration |
| « Acheter une maison ouvre un droit de séjour » | Non : la propriété et le séjour sont deux régimes totalement séparés |
| « Un étranger ne peut pas acheter au Japon » | Faux : aucune restriction de nationalité ni de résidence |
| « Je pourrai emprunter sur place » | Pas à la retraite : les banques japonaises exigent la résidence et un revenu d'activité. L'achat se fait comptant |
| « Ma sécurité sociale française me suivra » | Non : l'accord franco-japonais ne couvre que les pensions, jamais l'assurance maladie |
Le visa retraite n'existe pas : les six voies de séjour réelles
Voici les seules portes ouvertes après 60 ans, avec ce qu'elles exigent vraiment. Aucune n'est un visa de confort : chacune demande soit un lien familial japonais, soit une activité économique, soit un patrimoine liquide important.
| Voie de séjour | Condition centrale | Durée délivrée | Activité rémunérée | Mène à la résidence permanente |
|---|---|---|---|---|
| Conjoint de ressortissant japonais (nihonjin no haigūsha, 日本人の配偶者等) | Mariage réel et vie commune vérifiée | 6 mois à 5 ans, renouvelable | Oui, sans restriction | Oui, avec des délais raccourcis |
| Résident de longue durée (teijūsha, 定住者) | Lien familial japonais : ascendance, enfant japonais, veuvage | 6 mois à 5 ans | Oui | Oui |
| Gestion et administration (keiei kanri, keiei kanri) | Société réelle, capital d'au moins 30 M¥ (185 000 €), un salarié à temps plein | 1 an renouvelable | Oui, dans sa société | Oui |
| Personne à charge (kazoku taizai, 家族滞在) | Être à la charge d'un titulaire de visa de travail, souvent un enfant expatrié | Alignée sur le titulaire | Non, sauf autorisation limitée | Non, sans changement de statut |
| Séjour long tourisme et repos (tokutei katsudō, 特定活動) | 18 ans et plus, épargne d'au moins 30 M¥ (185 000 €), nationalité dispensée de visa court séjour, assurance privée | 6 mois, un an au maximum | Non | Non |
| Résidence permanente (eijūken, eijūken) | 10 ans de séjour dont 5 sous un statut de travail | Illimitée | Oui | Statut final |
Le séjour long tourisme et repos : le plus proche d'un visa retraite
C'est la seule catégorie pensée pour des étrangers aisés qui veulent séjourner longtemps sans travailler. Le ministère des Affaires étrangères la réserve aux ressortissants d'un pays dispensé de visa de court séjour, ce qui inclut la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Le demandeur doit avoir 18 ans révolus et justifier, avec son conjoint, d'une épargne d'au moins 30 millions de yens (environ 185 000 €) ; un conjoint qui dépose séparément doit justifier de 60 M¥ (370 000 €). Une assurance médicale privée couvrant décès, accident et maladie est exigée pour toute la durée du séjour.
Ses limites sont sévères et rarement expliquées : aucune activité rémunérée, pas d'enfant à charge accompagnant, une durée plafonnée à un an, et surtout aucune affiliation à l'assurance maladie nationale, les séjours de tourisme et de repos de 90 jours et plus sous ce statut en étant explicitement exclus. C'est précisément pour cela que l'assurance privée est obligatoire. Ce statut ne construit par ailleurs aucun droit vers la résidence permanente : il permet d'hiverner au Japon, pas de s'y établir.
Le visa de gestion : une porte qui s'est refermée en 2025
Le visa keiei kanri a longtemps servi de voie détournée : créer une petite société, souvent immobilière, avec 5 M¥ de capital. Le ministère de la Justice a publié le 10 octobre 2025 un arrêté qui a porté le capital minimum à 30 millions de yens (185 000 €) à compter du 16 octobre 2025, avec l'obligation d'employer au moins un salarié à temps plein, un plan d'affaires certifié par un expert-comptable ou un conseil agréé, et un diplôme de gestion ou trois ans d'expérience de direction. Les titulaires actuels conservent les anciennes règles pour leurs renouvellements jusqu'au 15 octobre 2028. Le détail est dans notre article sur le visa business manager et l'immobilier.
Point décisif pour un retraité : la détention locative passive ne suffit jamais. Louer trois appartements ne constitue pas une activité de gestion au sens de l'immigration. Et si votre horizon est la résidence permanente au Japon, sachez qu'elle demande dix ans de séjour dont cinq sous un statut de travail, et que ses conditions se sont durcies.
Pour un retraité britannique, deux points s'ajoutent à cette liste : la pension d'État n'est pas revalorisée une fois que l'on réside au Japon, et le séjour sans visa peut être porté à six mois. Les deux sont chiffrés dans notre guide pour s'installer au Japon depuis le Royaume-Uni.
Âge de la retraite, pension française et convention fiscale
La pension nationale japonaise (kokumin nenkin, 国民年金) est versée à partir de 65 ans. Depuis août 2017, il faut 10 ans de cotisation au minimum pour ouvrir un droit, contre 25 ans auparavant : c'est une réforme décisive pour les étrangers arrivés tard. Une liquidation anticipée reste possible dès 60 ans avec une minoration définitive, et un report jusqu'à 75 ans donne une majoration, définitive elle aussi.
Ce que change l'accord franco-japonais de sécurité sociale
L'accord signé à Paris le 25 février 2005 est entré en vigueur le 1er juin 2007. Il fait deux choses, et deux seulement : il évite la double cotisation pendant une période de détachement, et il permet la totalisation des périodes d'assurance des deux pays pour l'ouverture des droits, chaque pays payant ensuite sa propre part. Un Français ayant cotisé 7 ans au Japon et 35 ans en France ouvre donc un droit japonais grâce à la totalisation, alors que 7 ans seuls ne suffiraient pas.
Ce que l'accord ne fait pas, et c'est le piège : il ne couvre pas l'assurance maladie. Votre carte Vitale ne vous suit pas au Japon, et l'assurance maladie française cesse de vous couvrir dès que vous cessez de résider en France. La Caisse des Français de l'étranger reste possible, en complément et non en remplacement de l'affiliation japonaise.
Le remboursement forfaitaire : une fausse bonne idée
Un étranger qui quitte le Japon avec moins de dix ans de cotisation peut demander le remboursement forfaitaire (dattai ichijikin, 脱退一時金), plafonné à cinq ans de cotisation depuis avril 2021 (trois ans auparavant). Attention : les périodes remboursées sont perdues pour la totalisation franco-japonaise. Encaisser quelques centaines de milliers de yens peut donc fermer un droit à pension viager. À ne demander qu'après un calcul comparatif.
Qui imposera votre pension
La convention fiscale franco-japonaise du 3 mars 1995, modifiée par l'avenant du 11 janvier 2007, tranche clairement : les pensions privées ne sont imposables que dans l'État de résidence (article 18), tandis que les pensions publiques, versées au titre d'un emploi de la fonction publique, restent imposables dans l'État qui les paie (article 19).
| Votre situation | Où la pension est imposée | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Retraite du privé, résident fiscal au Japon | Japon | Déclaration japonaise annuelle (kakutei shinkoku, kakutei shinkoku), barème progressif japonais |
| Retraite de la fonction publique française, résident au Japon | France | Imposition française maintenue, élimination de la double imposition côté japonais |
| Propriétaire non résident percevant des loyers japonais | Japon, à la source | Retenue à la source et représentant fiscal à désigner |
Une subtilité méconnue peut vous faire gagner cinq ans : le statut de résident non permanent (hi eijūsha, 非永住者). Tant que vous avez eu votre domicile au Japon moins de cinq ans sur les dix dernières années, vous n'y êtes imposable que sur vos revenus de source japonaise et sur la part de revenus étrangers effectivement remise au Japon. Virer chaque mois sa pension française sur un compte japonais constitue une remise. Passé cinq ans, l'imposition devient mondiale. Si vous louez par ailleurs un bien, lisez notre article sur les impôts sur les revenus locatifs au Japon et celui sur le représentant fiscal, le nozei kanrinin.
Dernier point à anticiper très tôt : les droits de succession japonais comptent parmi les plus lourds au monde, et le statut de séjour choisi détermine si vos biens situés hors du Japon y entrent ou non. C'est une question à poser à un fiscaliste avant le déménagement, jamais après.
Santé et assurance maladie après 65 ans
Toute personne inscrite comme résidente au Japon pour plus de trois mois et qui n'est pas salariée doit s'affilier à l'assurance maladie nationale (kokumin kenkō hoken, 国民健康保険), gérée par la mairie. C'est une obligation, pas une option, et c'est aussi une excellente nouvelle : le système japonais est ouvert aux résidents étrangers aux mêmes conditions qu'aux Japonais, sans questionnaire médical ni exclusion d'âge.
Le reste à charge diminue avec l'âge
| Âge | Reste à charge | Régime |
|---|---|---|
| Moins de 70 ans | 30 % | Assurance maladie nationale |
| 70 à 74 ans | 20 %, et 30 % pour les revenus élevés | Assurance maladie nationale |
| 75 ans et plus | 10 %, 20 % au-delà d'un seuil de revenu depuis octobre 2022, 30 % pour les revenus élevés | Bascule automatique dans le régime des personnes âgées (kōki kōreisha iryō seido, 後期高齢者医療制度) |
Un plafond mensuel de reste à charge (kōgaku ryōyōhi, 高額療養-hi) limite en outre la facture en cas d'hospitalisation lourde, selon l'âge et le revenu. À partir de 40 ans, une cotisation d'assurance dépendance (kaigo hoken, 介護保険) s'ajoute automatiquement : elle finance l'aide à domicile et les établissements pour personnes âgées, un point qui pèse lourd dans un projet de fin de vie et qui n'a pas d'équivalent direct en France.
Le calcul de la cotisation surprend souvent
La cotisation d'assurance maladie nationale est municipale et assise sur le revenu déclaré au Japon l'année précédente. Concrètement, la première année d'un nouvel arrivant sans revenu japonais déclaré est souvent très faible, puis la cotisation augmente nettement dès que la pension étrangère entre dans la déclaration japonaise. Un plafond annuel existe, fixé par arrêté et révisé chaque année. Demandez à la mairie de la commune visée une simulation écrite avant de signer un achat : deux communes voisines n'appliquent pas le même barème, et l'écart se chiffre en centaines d'euros par an.
Un cas mérite une alerte particulière : le séjour long tourisme et repos évoqué plus haut n'ouvre pas droit à l'assurance maladie nationale. Une hospitalisation de plusieurs semaines repose alors entièrement sur votre assurance privée, dont il faut vérifier ligne à ligne les plafonds, les exclusions liées à l'âge et le traitement des maladies préexistantes.
Acheter son logement de retraite : ce que la propriété change
La bonne nouvelle est financière. Le Japon n'impose aucune restriction de nationalité ni de résidence à l'achat, et les frais d'achat totaux restent inférieurs à 6 % du prix, droits d'enregistrement, taxe d'acquisition, honoraires d'agence et intervention du shihō shoshi (shihō shoshi, juriste chargé de la publicité foncière) compris. En France, les seuls droits de mutation dépassent ce chiffre.
La mauvaise nouvelle est bancaire. Le crédit immobilier japonais est réservé aux résidents salariés au Japon, et à la retraite l'obstacle est double : plus de revenu d'activité, et un âge de fin de prêt que les banques bornent en pratique autour de 80 ans. Un projet de retraite se finance donc comptant, ou par la vente d'un bien en Europe. Notre article sur le crédit immobilier au Japon pour un étranger détaille les rares exceptions, qui ne concernent pas les retraités non résidents.
Ce que vous paierez chaque année
La taxe foncière japonaise représente 1,4 % de la valeur cadastrale, à laquelle s'ajoute une taxe d'urbanisme pouvant atteindre 0,3 % dans les zones urbanisées. La valeur cadastrale d'une maison rurale ancienne est souvent très inférieure à son prix d'achat, ce qui rend l'addition modeste : quelques dizaines de milliers de yens par an, là où une résidence équivalente en France coûterait le double ou le triple.
Gardez en tête la logique japonaise de la valeur : le bâti se déprécie presque toujours, le terrain porte la valeur. On n'achète pas une maison de retraite japonaise pour la revendre avec une plus-value, mais pour un coût d'usage très bas et un cadre de vie. Si la revente entre dans votre plan successoral, lisez d'abord revendre un bien immobilier au Japon, qui explique la décote du bâti et la fiscalité de la cession.
Quelle maison pour vieillir au Japon : sept critères
Le parc japonais abordable n'a pas été conçu pour des habitants âgés : marche haute au genkan, escaliers raides, couloirs étroits, salles de bain non chauffées, isolation quasi absente avant les années 2000. Voici les sept critères qui font la différence, dans l'ordre où nous les vérifions sur une annonce.
- Hôpital général avec urgences à moins de 30 minutes, vérifiable sur une carte avant même la visite. C'est le critère numéro un, avant le prix.
- Commerces et gare accessibles à pied, parce que le permis de conduire n'est pas éternel : au Japon, son renouvellement à partir de 75 ans impose un test de fonction cognitive.
- Plain-pied, ou chambre possible au rez-de-chaussée. Une maison à étage sans pièce de vie en bas devient inhabitable après une fracture.
- Salle de bain et vestiaire chauffables. Le choc thermique tue : en 2022, près de 5 800 personnes de 65 ans et plus sont mortes noyées dans une baignoire à domicile au Japon, selon les statistiques démographiques du ministère de la Santé relayées par l'Agence de la consommation. Un vestiaire chauffé et une baignoire moins profonde suppriment l'essentiel du risque.
- Isolation réelle, pas déclarative. Notre article sur l'isolation d'une maison japonaise chiffre les travaux et les aides communales, souvent généreuses sur les logements anciens.
- Terrain plat et accès dégagé, sans escalier extérieur ni forte pente : un détail invisible sur les photos, décisif à 80 ans.
- Charge d'entretien soutenable. Une grande kominka (kominka, ferme traditionnelle) demande un entretien permanent de toiture, de jardin et de menuiseries. Vérifiez aussi l'assainissement, car un jōkasō impose des visites de contrôle annuelles obligatoires.
| Critère | Kominka rurale | Maison des années 1990 à 2005 | Appartement récent avec ascenseur |
|---|---|---|---|
| Prix d'entrée observé | 2 à 8 M¥ (12 000 à 49 000 €) | 5 à 15 M¥ (31 000 à 93 000 €) | 12 à 30 M¥ (74 000 à 185 000 €) |
| Norme sismique | Antérieure à 1981, renforcement à prévoir | Conforme à la norme de 1981 | Conforme, souvent au-delà |
| Confort thermique | Faible sans travaux lourds | Moyen, améliorable à coût maîtrisé | Bon |
| Accessibilité | Marches, seuils, étage | Variable, souvent adaptable | Ascenseur, plain-pied |
| Entretien annuel | Élevé | Modéré | Charges de copropriété fixes |
| Verdict pour une retraite | Coup de cœur exigeant | Le meilleur compromis | Le plus sûr après 75 ans |
La norme sismique de 1981 est un filtre à appliquer sans état d'âme : une maison antérieure non renforcée expose à un risque que l'âge rend plus difficile à assumer. Vous trouverez les biens correspondants dans notre catalogue d'annonces de maisons japonaises, et les fermes traditionnelles sur le hub kominka à vendre. Pour un budget serré, la sélection maison au Japon à moins de 100 000 € couvre la quasi-totalité des profils de retraite.
Où s'installer : trois profils de territoires
Notre catalogue suit environ 4 900 maisons dans 46 préfectures, ce qui permet une observation simple : le prix baisse beaucoup plus vite que la qualité de vie quand on s'éloigne des métropoles, mais l'accès aux soins, lui, se dégrade brutalement passé un certain seuil. Le bon compromis pour une retraite se situe presque toujours dans une ville moyenne, pas à la campagne profonde.
| Profil | Exemples | Budget d'achat observé | Ce que vous gagnez | Ce que vous perdez |
|---|---|---|---|---|
| Grande ville desservie | Fukuoka, Kyoto, Yokohama | 15 à 40 M¥ (93 000 à 247 000 €) | Hôpitaux de référence, aéroport, vie sans voiture | Prix, densité, jardin rare |
| Ville moyenne | Kanazawa, Wakayama, Toyooka, Gobō | 4 à 15 M¥ (25 000 à 93 000 €) | Hôpital général, commerces à pied, prix bas | Moins de vie internationale |
| Station thermale ou de montagne | Atami, Itō, région de Nagano | 3 à 20 M¥ (18 500 à 123 000 €) | Cadre, thermalisme, air pur | Neige, pentes, services saisonniers |
Trois repères concrets. La préfecture de Wakayama concentre le premier stock d'annonces abordables du catalogue, avec un climat doux et des villes côtières plates. Fukuoka offre le meilleur rapport entre grande ville et coût de la vie, avec un aéroport international à quelques minutes du centre. Shizuoka, avec Atami et la péninsule d'Izu, reste le terrain de jeu historique des résidences de retraite japonaises, thermales et desservies depuis Tokyo en moins d'une heure. La préfecture de Nagano séduit, mais son enneigement impose de vérifier le déneigement de la voirie communale avant tout coup de cœur.
Pour comparer plus largement, notre article où vivre au Japon quand on est étranger croise climat, services et prix région par région, et la carte des prix et le simulateur permettent de tester un budget préfecture par préfecture. Si le projet est plus rural, acheter à la campagne au Japon détaille la règle des 20 à 30 minutes d'une gare, qui reste la meilleure protection contre un bien invendable.
Cas pratique chiffré et erreurs fréquentes
Un couple de 66 et 63 ans, maison de 1998 dans une ville moyenne
Prenons un couple français installé grâce au visa de conjoint d'une ressortissante japonaise, qui achète comptant une maison de 1998 de 95 m² sur 180 m² de terrain, à 12 minutes à pied d'une gare et à 4 km d'un hôpital général.
| Poste | Montant en yens | Équivalent en euros |
|---|---|---|
| Prix d'achat | 4 800 000 ¥ | 29 600 € |
| Frais d'achat, 5,5 % (plafond 6 %) | 264 000 ¥ | 1 630 € |
| Mise en accessibilité : barres d'appui, suppression des seuils, baignoire remplacée | 900 000 ¥ | 5 560 € |
| Isolation du vestiaire et de la salle de bain, double vitrage partiel | 1 600 000 ¥ | 9 880 € |
| Total engagé | 7 564 000 ¥ | 46 690 € |
Le budget annuel de fonctionnement, hors assurance maladie et hors dépenses courantes :
| Poste annuel | Fourchette en yens | Équivalent en euros |
|---|---|---|
| Taxe foncière et taxe d'urbanisme | 45 000 à 75 000 ¥ | 280 à 460 € |
| Assurance incendie et séisme | 35 000 à 70 000 ¥ | 220 à 430 € |
| Électricité, gaz et eau pour deux personnes | 240 000 à 300 000 ¥ | 1 480 à 1 850 € |
| Contrôle et vidange obligatoires du jōkasō | 40 000 à 60 000 ¥ | 250 à 370 € |
| Provision d'entretien du bâti | 100 000 à 150 000 ¥ | 620 à 930 € |
| Voiture légère : taxe, contrôle technique lissé, assurance | 150 000 à 200 000 ¥ | 930 à 1 230 € |
| Total | 610 000 à 855 000 ¥ | 3 770 à 5 280 € |
La cotisation d'assurance maladie nationale et de dépendance s'ajoute à ce total : elle dépend du revenu déclaré au Japon et de la commune, et c'est la seule ligne que nous refusons de chiffrer à l'avance. Demandez-la par écrit à la mairie avant de signer. Le simulateur immoJapon permet de tester ces hypothèses sur un bien réel du catalogue.
Sept erreurs qui reviennent systématiquement
- Acheter avant d'avoir sécurisé le séjour. L'ordre est toujours : statut, santé, logement.
- Compter sur un crédit japonais. Sans revenu salarié au Japon, aucune banque ne suivra, quel que soit votre apport.
- Choisir une kominka de 200 m² pour deux personnes. Le charme est réel, la facture de chauffage et l'entretien de toiture le sont aussi.
- Virer sa pension chaque mois sur un compte japonais pendant les cinq premières années, ce qui rend imposables au Japon des revenus qui pouvaient ne pas l'être sous le statut de résident non permanent.
- Demander le remboursement forfaitaire de pension sans l'avoir comparé au gain de la totalisation franco-japonaise.
- Négliger la distance à l'hôpital et la dépendance à la voiture, alors que le permis se renouvelle sous conditions après 75 ans.
- Ignorer le choc thermique de la salle de bain, première cause d'accident domestique mortel chez les personnes âgées au Japon.
Une visite sur place reste indispensable, mais elle se prépare à distance : notre article sur la visite d'un bien au Japon à distance explique comment obtenir une vidéo de la maison, du trajet vers la gare et du voisinage avant même de prendre l'avion.
Pour affiner ce calcul, notre article sur le coût de la vie au Japon détaille les moyennes officielles 2025 par type de ménage, la cotisation maladie de la deuxième année et le budget comparé d'un couple à Tokyo, en ville moyenne et à la campagne.
Conclusion : le séjour d'abord, la maison ensuite
Prendre sa retraite au Japon est possible, mais jamais par la porte que les autres pays ouvrent : il n'existe pas de visa retraite, et rien n'indique qu'il en existera un à court terme. Les voies réelles se comptent sur les doigts d'une main, et la plus accessible sans lien familial, le séjour long tourisme et repos, demande 30 millions de yens d'épargne et n'ouvre ni droit au travail, ni assurance maladie, ni résidence permanente.
Le logement, lui, est étonnamment abordable, et c'est ce contraste qui rend le pays attirant : une maison saine, isolable, proche d'une gare et d'un hôpital se trouve encore entre 4 et 15 millions de yens dans une ville moyenne, avec des frais d'achat plafonnés à 6 % et une fiscalité foncière légère. La bonne séquence consiste donc à stabiliser le statut de séjour et la couverture maladie, puis à chercher la maison, jamais l'inverse.
Pour avancer : le guide d'achat immobilier au Japon déroule la procédure complète, les annonces suivies chaque jour permettent de calibrer un budget réel, et une question écrite via notre accompagnement suffit généralement à savoir si votre projet tient debout avant d'engager le moindre yen.
Questions fréquentes
Existe-t-il un visa retraite au Japon ?
Non. Le Japon ne délivre aucun visa retraite, contrairement au Portugal, à la Thaïlande ou à la Malaisie. Les seules voies ouvertes à un retraité sont le visa de conjoint de ressortissant japonais, le statut de résident de longue durée, la personne à charge, le visa de gestion d'entreprise, ou le séjour long tourisme et repos limité à un an.
Peut-on obtenir un titre de séjour en achetant une maison au Japon ?
Non. La propriété immobilière et le droit de séjour sont deux régimes totalement indépendants. Un étranger non résident peut acheter librement, sans autorisation ni quota, mais l'acte de propriété ne donne aucun jour de séjour supplémentaire et n'ouvre aucun chemin vers la résidence permanente.
À quel âge part-on à la retraite au Japon ?
La pension nationale japonaise est versée à partir de 65 ans, et il faut au moins dix ans de cotisation depuis la réforme d'août 2017. Une liquidation anticipée est possible dès 60 ans avec minoration définitive, et un report jusqu'à 75 ans donne une majoration, elle aussi définitive.
Puis-je toucher ma pension française en vivant au Japon ?
Oui, une pension française se perçoit sur un compte à l'étranger. L'accord de sécurité sociale franco-japonais, en vigueur depuis le 1er juin 2007, permet en outre de totaliser les périodes cotisées dans les deux pays pour ouvrir un droit, chaque pays payant ensuite sa propre part.
Ma retraite sera-t-elle imposée en France ou au Japon ?
Selon la convention fiscale du 3 mars 1995, les pensions privées ne sont imposables que dans l'État de résidence, donc au Japon si vous y vivez. Les pensions de la fonction publique restent imposables en France. Pendant les cinq premières années, le statut de résident non permanent peut limiter l'imposition japonaise aux sommes effectivement remises au Japon.
Un retraité étranger a-t-il droit à l'assurance maladie japonaise ?
Oui s'il est inscrit comme résident pour plus de trois mois : l'affiliation à l'assurance maladie nationale devient alors obligatoire, avec un reste à charge de 30 % avant 70 ans, 20 % de 70 à 74 ans et 10 % à partir de 75 ans. Le séjour long tourisme et repos en est exclu et impose une assurance privée.
Quel budget annuel prévoir pour un retraité propriétaire au Japon ?
Pour une maison de ville moyenne, comptez 610 000 à 855 000 ¥ par an (3 770 à 5 280 €) de taxes, assurances, énergie, entretien et voiture, hors assurance maladie et hors dépenses courantes. La cotisation d'assurance maladie dépend du revenu déclaré au Japon et de la commune.
Peut-on emprunter au Japon quand on est retraité ?
En pratique non. Le crédit immobilier japonais est réservé aux résidents disposant d'un revenu salarié au Japon, et les banques bornent la fin de prêt autour de 80 ans. Un projet de retraite se finance comptant, ou par la vente d'un bien à l'étranger.
Sources officielles
- 出入国在留管理庁 (Immigration Services Agency of Japan)
- 外務省 (MOFA) · visa spécifique, séjour long tourisme et repos
- 日本年金機構 (Japan Pension Service, pensions et accords internationaux)
- 厚生労働省 (ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales)
- CLEISS · accord de sécurité sociale France-Japon
- 消費者庁 (Agence de la consommation, accidents domestiques des personnes âgées)
Reprendre depuis le début
Cet article éclaire une étape ; le guide immoJapon couvre tout l'achat au Japon, de la recherche du bien à la signature finale : gratuitement, en 7 chapitres.
