La réponse courte : 15, 30 ou 90 jours, parfois six mois
Entrer au Japon sans visa ne veut pas dire entrer sans statut. Vous êtes admis sous le statut de tanki taizai (tanki滞在, visiteur temporaire), assorti d'une durée précise inscrite sur le tampon apposé le jour de votre arrivée. C'est cette durée qui fait loi, pas votre billet ni votre programme.
| Durée accordée | Qui | Prolongeable ? |
|---|---|---|
| 15 jours | Indonésie, Thaïlande | Non, sauf urgence humanitaire |
| 30 jours | Brunei, Qatar | Non, sauf urgence humanitaire |
| 90 jours | La plupart des nationalités exemptées : États membres de l'Union européenne, Suisse, Canada, États-Unis, Royaume-Uni, Australie, Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong, Singapour, Brésil, Mexique, Turquie et d'autres | Seulement pour les sept nationalités ci-dessous |
| Jusqu'à 6 mois | Allemagne, Autriche, Irlande, Liechtenstein, Mexique, Royaume-Uni, Suisse | Oui, sur demande avant l'échéance des 90 jours |
Lisez votre tampon, pas les forums
C'est l'officier d'immigration qui accorde la durée, et il peut en accorder moins que le maximum si vos réponses sont vagues ou si votre billet de retour est lointain. Le seul chiffre qui compte est celui inscrit sur votre passeport. Photographiez-le en arrivant : c'est la date qu'il vous faudra si vous devez un jour prouver que vous êtes reparti à temps.
Notez que la France ne fait pas partie des sept pays autorisés à prolonger jusqu'à six mois. Un Français dispose de 90 jours, point final, et devra passer par un statut de résidence pour aller au-delà.
Quels pays entrent au Japon sans visa
Le Japon entretient des accords bilatéraux d'exemption de visa avec plus de 70 pays et régions. Cette liste bouge : elle a encore été élargie en 2025, et certains accords sont suspendus puis rétablis. Deux réflexes suffisent.
- Vérifiez à la source, pas sur un blog. Le ministère des Affaires étrangères japonais (外務省, MOFA) publie la liste officielle et la met à jour à chaque changement. Toute autre page, y compris celle-ci, n'en est qu'un instantané.
- Exemption ne vaut pas entrée. Figurer sur la liste vous permet d'embarquer et de demander l'admission. L'officier d'immigration décide, et peut refuser.
Ce que vous devez pouvoir montrer
L'admission sans visa couvre le tourisme, la visite à des proches, les réunions d'affaires et les motifs courts de même nature. Les officiers demandent couramment un billet de sortie du territoire, une adresse au Japon et des moyens suffisants. Si vous êtes propriétaire, donnez l'adresse de votre bien : c'est une réponse parfaitement recevable, et bien meilleure qu'un « je voyage un peu partout ».
En revanche, un emploi rémunéré au Japon n'est jamais couvert, quelle que soit votre nationalité. Le point est développé plus bas, et c'est le malentendu le plus fréquent chez les propriétaires qui achètent d'abord et réfléchissent ensuite. Si vous en êtes encore à l'étape de l'achat, notre guide complet pour acheter une maison au Japon remet les étapes dans l'ordre.
Comment prolonger un séjour sans visa jusqu'à six mois
Sept nationalités bénéficient d'un accord bilatéral plus généreux : Allemagne, Autriche, Irlande, Liechtenstein, Mexique, Royaume-Uni et Suisse. Elles arrivent malgré tout avec 90 jours, puis demandent la prolongation jusqu'à six mois au total.
La procédure, étape par étape
- Déposez la demande avant l'expiration de votre durée en cours, auprès d'un bureau régional de l'immigration (Tokyo, Osaka, Nagoya et autres). Déposer après l'échéance n'est pas un retard, c'est un séjour irrégulier.
- Munissez-vous du passeport, du formulaire de prolongation de durée de séjour, d'un motif et de justificatifs de ressources.
- Réglez les frais de 4 000 ¥ (environ 22 €), payables en timbre fiscal une fois la prolongation accordée.
- Comptez de quelques jours à quelques semaines. Votre séjour reste régulier pendant l'instruction, raison de plus pour déposer tôt.
Et avec un passeport français ou belge ?
Hors de ces sept nationalités, la prolongation du statut de visiteur temporaire n'est accordée, par principe, que pour un motif humanitaire impérieux : maladie ou accident grave empêchant physiquement le départ, décès d'un proche au Japon, catastrophe naturelle fermant les aéroports. Aimer le pays, avoir trouvé une maison à rénover ou vouloir visiter davantage de biens ne sont pas des motifs recevables, et déposer sur ces bases coûte une journée et 4 000 ¥ pour rien.
Ce que le séjour sans visa n'autorise pas
Quatre-vingt-dix jours, c'est généreux au regard des standards internationaux, mais le statut est étroit. Trois limites piègent les acheteurs étrangers.
Aucun travail rémunéré au Japon
Le statut de visiteur temporaire interdit toute activité rémunérée au Japon. Gérer sa propre location depuis un ordinateur relève d'une zone grise qui dépend du lieu d'exécution du travail et de l'identité du payeur ; tenir une maison d'hôtes, accueillir les voyageurs, faire le ménage entre deux séjours ou être payé par une société japonaise n'a lui rien de gris. Si la location courte durée fait partie de votre projet, lisez notre article sur la licence minpaku et ses 180 nuits avant d'acheter, pas après.
Pas de carte de résident, et tout ce qui en découle
Un visiteur temporaire ne reçoit ni zairyu card (在留カード, carte de résident) ni juminhyo (住民票, certificat de résidence). Ce seul fait ferme une longue liste de portes : compte bancaire ordinaire, forfait mobile, sceau enregistré, assurance maladie nationale. Les propriétaires composent avec, et notre guide pour ouvrir un compte bancaire au Japon en tant qu'étranger explique comment, mais ces contournements demandent du travail.
Le piège des entrées répétées
Aucun texte ne plafonne votre nombre de jours par an. Il existe en revanche une pratique constante : l'immigration attend d'un visiteur qu'il passe à peu près autant de temps hors du Japon qu'à l'intérieur. Enchaîner des séjours de 90 jours entrecoupés de courts allers-retours à Séoul dessine un motif que l'officier voit sur son écran, et la sanction n'est pas une amende mais un refus d'admission, à l'aéroport, avec un vol retour le jour même. Les propriétaires n'échappent pas à cet examen. Une adresse japonaise, des séjours longs et répétés et aucun visa forment au contraire exactement le profil qui déclenche un second entretien.
Bientôt : JESTA
Le Japon a adopté en 2026 le principe d'une autorisation de voyage électronique, JESTA, calquée sur l'ESTA américain : un formulaire en ligne et des frais, à remplir avant l'embarquement, pour les voyageurs dispensés de visa. Le déploiement est annoncé pour l'exercice 2028. Cela ne changera pas la durée de séjour autorisée, seulement la formalité préalable au vol.
Être propriétaire au Japon ne prolonge pas votre séjour
C'est la question qu'on nous pose le plus souvent, et la réponse n'a pas bougé : acheter un bien au Japon n'ouvre ni visa, ni statut de résidence, ni un seul jour de séjour supplémentaire. Le Japon n'a pas de visa doré, pas de résidence par investissement, et aucun projet d'en créer un. Un milliardaire propriétaire d'une tour à Minato et un retraité propriétaire d'une akiya (akiya, maison vacante) à 3 000 000 ¥ (environ 16 500 €) disposent exactement des mêmes 90 jours.
Les étrangers peuvent pourtant acheter librement, sans condition de résidence ni autorisation particulière, ce qui est rare en Asie. Nous avons traité cette asymétrie dans acheter une maison au Japon sans visa.
Ce que la propriété change réellement
| Domaine | Effet de la propriété |
|---|---|
| Durée de séjour | Aucun. 90 jours restent 90 jours. |
| Au passage de la frontière | Favorable : une adresse vérifiable et un motif clair raccourcissent l'entretien. |
| Taxe foncière | Un propriétaire non-résident doit désigner un nozei kanrinin (nōzei kanrinin, représentant fiscal) pour recevoir et régler l'avis annuel. |
| Revenus locatifs | Imposables au Japon quelle que soit votre résidence, avec une retenue à la source de 20,42 % dans plusieurs cas. |
| Gestion quotidienne | Compteurs, association de quartier, neige, courrier : quelqu'un doit être là quand vous n'y êtes pas. |
Le représentant fiscal est l'obligation que les propriétaires découvrent tard, en général quand le premier avis reste sans réponse. Notre article sur le représentant fiscal japonais explique qui peut l'être et ce que cela coûte, et celui sur la taxe foncière au Japon donne les taux.
Les voies légales pour rester plus de 90 jours
Si 90 jours ne suffisent pas, la réponse s'appelle statut de résidence, pas séjour touristique allongé. Voici les voies qu'un propriétaire envisage réellement.
| Voie | Durée | Condition clé | Travail autorisé ? |
|---|---|---|---|
| Exemption de visa | 15, 30 ou 90 jours | Nationalité | Non |
| Prolongation du visiteur temporaire | Jusqu'à 6 mois | Une des sept nationalités, demande déposée à temps | Non |
| Long séjour tourisme et loisirs (tokutei katsudo, 特定活動) | 6 mois, renouvelable une fois | Épargne de 30 000 000 ¥ (environ 165 000 €), 60 000 000 ¥ (environ 330 000 €) si le conjoint réside séparément, plus une assurance santé privée | Non |
| Nomade numérique | 6 mois, non renouvelable | Revenus de 10 000 000 ¥ (environ 55 000 €) par an hors du Japon, nationalité parmi les 51 pays et régions éligibles, assurance privée | À distance, pour des clients non japonais |
| Vacances-travail | Jusqu'à 1 an | Limite d'âge (en général 18 à 30 ans) et pays partenaire | Oui, à titre accessoire |
| Étudiant | 6 mois à plusieurs années | Inscription dans un établissement agréé | Limité, sur autorisation |
| Gérant d'entreprise | 1 an et plus | Depuis le 16 octobre 2025 : 30 000 000 ¥ (environ 165 000 €) de capital, au moins un salarié à plein temps, japonais niveau B2 et plan d'affaires expertisé | Oui |
| Conjoint de ressortissant japonais | 1 à 5 ans | Mariage | Oui |
Les deux qui comptent pour un propriétaire
Le long séjour tourisme et loisirs est ce qui ressemble le plus à un visa retraite au Japon : six mois renouvelables une fois, aucun travail, et une épargne à justifier puis à maintenir. Il convient au propriétaire qui veut passer une saison entière dans sa maison plutôt que quinze jours. Le détail est dans notre article sur prendre sa retraite au Japon.
Le statut de nomade numérique, ouvert depuis 2024, offre six mois non renouvelables aux travailleurs à distance au-dessus du seuil de revenus. Il est traité dans notre article sur le visa nomade numérique japonais.
Remarquez ce qui ne figure pas dans ce tableau : la moindre voie fondée sur la propriété d'un bien. Le statut de gérant d'entreprise est parfois présenté comme la porte d'entrée de l'investisseur immobilier ; depuis la réforme d'octobre 2025, c'est une porte lourde : lisez le visa business manager et l'immobilier avant de bâtir un plan dessus.
Cas pratique : un propriétaire français avec une kominka à Nagano
Prenons un cas concret. Un acheteur français acquiert une kominka (kominka, ancienne ferme) à Nagano pour 4 500 000 ¥ (environ 24 700 €) et souhaite en profiter autant que la loi le permet.
| Poste | Montant | Remarque |
|---|---|---|
| Prix d'achat | 4 500 000 ¥ (24 700 €) | |
| Frais d'acquisition | Jusqu'à 270 000 ¥ (1 480 €) | Plafond de 6 % : commission, inscription, droit de timbre, taxe d'acquisition |
| Taxe foncière annuelle | Environ 34 000 ¥ (187 €) | Sur une valeur cadastrale de 2 000 000 ¥ (11 000 €) : 1,4 % de taxe foncière, plus jusqu'à 0,3 % de taxe d'urbanisme là où elle s'applique |
| Représentant fiscal | Variable, souvent 20 000 à 50 000 ¥ (110 à 275 €) par an | Obligatoire pour un non-résident |
| Jours d'usage par an | 90 au maximum | Par exemple trois séjours de 30 jours |
À quoi ressemble vraiment le calendrier
Trois séjours de 30 jours, répartis dans l'année, avec au moins autant de temps passé hors du Japon entre eux, tiennent largement dans la règle écrite comme dans la pratique non écrite. La maison reste vide neuf mois par an : c'est le coût réel de la limite des 90 jours, et c'est pourquoi les propriétaires finissent par arbitrer entre un gardien, une mise en location et un statut de résidence. Tester l'option locative contre le marché local est l'étape suivante : notre page Nagano donne les chiffres réels de la préfecture.
Le même calcul vaut pour un bien moins cher. Regardez ce qui est réellement au catalogue dans nos annonces d'akiya, notre sélection de maisons japonaises sous 50 000 € ou le hub kominka à vendre.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Compter depuis la date de réservation et non depuis le tampon. La durée court à compter de l'admission. Un vol retardé d'une nuit ne la décale pas.
- Confondre 90 jours et trois mois. Ce sont 90 jours. Entrer le 1er mars vous mène au 29 mai, pas au 1er juin.
- Planifier une rénovation sur du temps touristique. Suivre un chantier, traiter avec les artisans et passer la réception tiennent rarement dans un seul séjour, et rien de tout cela ne peut être rémunéré. Piloter un chantier depuis l'étranger est un projet en soi.
- Enchaîner les séjours avec de courts sauts à l'étranger. Le motif est visible et c'est la cause classique d'un refus d'admission.
- Croire qu'un achat sera vu d'un bon œil par l'immigration. Les deux administrations sont distinctes. L'agence des services d'immigration ne consulte pas le registre foncier.
- Dépasser « de quelques jours ». Le séjour irrégulier est une infraction pénale : jusqu'à 3 000 000 ¥ (environ 16 500 €) d'amende et une interdiction de retour, de cinq ans en principe, ramenée à un an si vous vous signalez vous-même au titre de l'ordre de quitter le territoire. Pour un propriétaire, cinq ans d'interdiction, ce sont cinq ans sans voir son bien.
- Oublier le représentant fiscal avant de repartir. Désignez-le pendant que vous êtes encore au Japon : c'est bien plus simple que depuis l'étranger.
Conclusion : planifier le séjour avant l'achat
Quatre-vingt-dix jours sans visa, six mois pour sept nationalités, 15 ou 30 jours pour quatre autres : la règle est simple, publique, et s'applique à l'identique aux propriétaires et aux touristes. Ce qui diffère, c'est la conséquence. Un touriste qui se trompe perd des vacances ; un propriétaire qui se trompe laisse une maison sans surveillance, un avis d'imposition sans réponse et, au pire, ne peut plus revenir pendant cinq ans.
Ordonnez donc les deux décisions. Déterminez d'abord combien de temps vous voulez réellement passer au Japon chaque année, puis choisissez le bien qui correspond : la maison qu'on visite trois semaines au printemps n'est pas celle qu'on achèterait pour y vivre six mois par an. Si le projet suppose un statut de résidence, budgétez le délai et les conditions avant de signer, pas après.
Si vous préférez confier l'achat de bout en bout, de la recherche à la remise des clés, notre accompagnement détaille ce qu'il couvre, et vos questions par écrit sont toujours les bienvenues.
Questions fréquentes
Faut-il un visa pour aller au Japon quand on est français ?
Non. Les ressortissants français sont dispensés de visa pour un séjour touristique, familial ou d'affaires de 90 jours au maximum. Il suffit d'un passeport valide, d'un billet de sortie du territoire et de moyens suffisants. Au-delà de 90 jours, un statut de résidence devient obligatoire.
Combien de temps peut-on rester au Japon sans visa ?
90 jours pour la plupart des nationalités exemptées, dont la France, la Belgique, la Suisse, le Canada et les États-Unis. Les passeports indonésien et thaïlandais ouvrent 15 jours, les passeports brunéien et qatari 30. La durée est accordée par l'officier d'immigration et inscrite sur le passeport à l'arrivée.
Peut-on prolonger un séjour de 90 jours au Japon ?
Seuls les ressortissants d'Allemagne, d'Autriche, d'Irlande, du Liechtenstein, du Mexique, du Royaume-Uni et de Suisse peuvent prolonger jusqu'à six mois, en déposant une demande auprès d'un bureau régional de l'immigration avant l'échéance, pour 4 000 ¥ (environ 22 €). Pour les autres, dont les Français, la prolongation n'est accordée que pour un motif humanitaire impérieux.
Acheter une maison au Japon donne-t-il un visa ?
Non. Le Japon n'accorde aucun statut de résidence sur la base de la propriété d'un bien, et il n'existe pas de visa doré. Les étrangers achètent librement, sans condition de résidence, mais l'achat n'ouvre aucun jour de séjour ni droit d'entrée supplémentaire.
Peut-on sortir du Japon et revenir pour remettre les 90 jours à zéro ?
Aucun texte ne fixe de plafond annuel, mais l'immigration attend que vous passiez à peu près autant de temps hors du Japon qu'à l'intérieur. Des séjours longs et répétés séparés de courts voyages à l'étranger forment un motif identifié, et la cause habituelle d'un refus d'admission à l'aéroport.
Peut-on travailler à distance depuis le Japon en tant que touriste ?
Le statut de visiteur temporaire interdit toute activité rémunérée au Japon. Le travail à distance pour des clients étrangers relève d'une zone grise qui dépend du lieu d'exécution et du payeur ; le statut de nomade numérique, six mois pour des revenus supérieurs à 10 000 000 ¥ (environ 55 000 €) par an, existe précisément pour lever cette ambiguïté.
Faut-il une carte de résident quand on est touriste au Japon ?
Non. La carte de résident n'est délivrée que pour les séjours de plus de trois mois sous un statut de résidence. Un visiteur temporaire n'a ni carte de résident ni certificat de résidence, ce qui met hors de portée le compte bancaire ordinaire et le forfait mobile.
Que risque-t-on en cas de dépassement de séjour au Japon ?
Le séjour irrégulier est une infraction pénale : jusqu'à 3 000 000 ¥ (environ 16 500 €) d'amende, une rétention possible et une interdiction de retour de cinq ans en principe. Se signaler à l'immigration avant d'être contrôlé permet de ramener cette interdiction à un an au titre de l'ordre de quitter le territoire.
Sources officielles
Reprendre depuis le début
Cet article éclaire une étape ; le guide immoJapon couvre tout l'achat au Japon, de la recherche du bien à la signature finale : gratuitement, en 7 chapitres.
