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Logement hors base au Japon : louer, acheter, louer à l'armée

Vivre hors base au Japon, c'est louer ou acheter sur le marché japonais avec son allocation logement plutôt que d'occuper un logement dans l'emprise militaire. C'est ouvert à la plupart des personnels sous statut SOFA avec l'accord du commandement, cela fonctionne avec un plafond de loyer fixé par le grade et la localité, et le bien doit être agréé par le bureau du logement avant toute signature. Pour un investisseur, c'est surtout une clientèle locataire solvable dans des villes où la demande se renouvelle tous les deux à quatre ans.

Une large avenue du centre de Yokosuka bordée d'une longue barre d'habitation d'une dizaine d'étages dont les balcons filent sur toute la façade, un carrefour aux marquages au sol au premier plan avec une voiture bleu pâle, des palmiers et une haie taillée sur le terre-plein, des feux tricolores et des panneaux à chevrons rouges et blancs, sous un ciel couvert
Photo : Syced · CC0

Le logement hors base au Japon : qui y a droit, et l'agrément incontournable

Le Japon accueille la plus forte concentration de forces américaines hors des États-Unis : de l'ordre de 50 000 à 60 000 militaires selon les décomptes, auxquels s'ajoutent environ 35 000 personnes à charge et plusieurs milliers de civils du ministère de la Défense. Les logements situés dans les emprises ne suffisent pas, d'où la pratique courante du logement « sur l'économie », l'expression consacrée pour désigner le marché locatif japonais.

Trois conditions se cumulent :

  • Le statut. Militaire, membre de la composante civile ou personne à charge sous statut SOFA. Ce statut découle des ordres de mutation, jamais d'un bien immobilier.
  • L'autorisation du commandement. La possibilité de vivre hors base dépend de l'armée d'appartenance, de la base, souvent du grade et de la situation familiale. Certains postes imposent le logement dans l'emprise.
  • L'agrément du bien par le bureau du logement. C'est l'étape que les nouveaux arrivants sous-estiment : le logement doit satisfaire aux critères du ministère de la Défense avant la signature, et c'est cet agrément qui déclenche l'allocation.

Pourquoi le bureau du logement passe en premier

L'ordre est immuable : passage au bureau du logement, entretien d'information, autorisation de chercher sur le marché japonais, visites par des agences travaillant avec la base, puis, une fois le bien agréé, signature du bail et paiement des frais d'entrée. Un bail signé avant l'agrément est un bail que l'on risque de financer seul. Les agences installées autour de chaque base entretiennent un parc pré-inspecté, précisément parce que les critères sont connus et répétitifs.

Reste une difficulté commune à tout étranger : comprendre ce que dit vraiment une annonce japonaise, entre surfaces en tsubo (tsubo, environ 3,3 m²), codes de distribution comme 2LDK et âge du bâti. Nous la décryptons ligne à ligne dans notre guide pour lire une annonce immobilière japonaise.

Comment fonctionne l'OHA : plafond de loyer, charges et frais d'entrée

L'Overseas Housing Allowance est gérée par la Defense Travel Management Office et se compose de trois parties distinctes. Les confondre est l'erreur de budget la plus fréquente.

ComposanteRôleRègle à retenir
Allocation de loyerRembourse le loyer réellement payéPlafonnée selon la localité et le grade. En dessous du plafond, on est remboursé du loyer réel et non du plafond : la différence n'est pas conservée. Au-dessus, l'excédent reste à la charge du militaire.
Allocation de charges et d'entretien courantÉlectricité, gaz, eau et entretien récurrentVersée en forfait mensuel par pays, sans justificatifs. Si les charges réelles sont inférieures, la différence est acquise.
MIHA (allocation d'emménagement)Compense les frais uniques d'entrée dans un logement privéLa MIHA dite « miscellaneous » est versée une fois, à l'emménagement. Des composantes sur justificatifs existent pour certains frais locatifs non remboursables, gérées par le bureau du logement.

Les plafonds varient énormément entre la trentaine de localités japonaises de la table DTMO : moins de 100 000 ¥ (550 €) par mois sur certaines bases rurales, plusieurs fois davantage à Tokyo. Ils sont révisés régulièrement, donc tout montant publié dans un article, celui-ci compris, n'est qu'un instantané. Le plafond applicable se vérifie dans l'outil officiel de la DTMO et se confirme auprès du bureau du logement avant de s'engager sur un loyer.

La conséquence que l'on oublie

Puisque la part non utilisée de l'allocation de loyer n'est pas conservée, se loger nettement en dessous de son plafond n'apporte aucun gain : l'économie revient à l'administration, pas au militaire. Les deux vrais leviers sont le forfait de charges, dont l'écart est acquis, et le choix d'acheter plutôt que de louer, traité plus bas.

Base par base : où se trouvent réellement les marchés hors base

Il n'y a pas un marché hors base mais plusieurs. Une ville de la baie de Tokyo et une banlieue d'Okinawa n'ont en commun ni les prix, ni le parc, ni ce que l'argent achète.

EmprisePréfecturePhysionomie du marché local
Base navale de YokosukaKanagawaVille dense et marchable sur la ligne Keikyu. Surtout des appartements, quelques maisons à flanc de colline. Tokyo et Yokohama à portée de trajet quotidien, ce qui soutient la revente.
Atsugi, Camp ZamaKanagawaKanagawa intérieur et pavillonnaire : davantage de maisons avec stationnement, parcelles plus grandes, dépendance à la voiture.
Base aérienne de YokotaTokyo (secteur de Fussa)Banlieue ouest de Tokyo. Des maisons individuelles à des prix impensables dans le centre, sur des lignes JR vers la capitale.
Base aérienne de MisawaAomoriNord, froid, pays de neige. Le parc le moins cher de la liste : l'isolation et le chauffage sont les critères décisifs.
IwakuniYamaguchiPetite ville proche d'Hiroshima. Offre limitée, marché calme, prix bas.
SaseboNagasakiVille portuaire, relief marqué, logements compacts, nombreux biens desservis par des escaliers.
Kadena, Foster, Futenma, HansenOkinawaConstruction béton contre les typhons, le foncier le plus rare du Japon, des loyers soutenus par une importante population SOFA. Un marché à part.

Deux de ces préfectures sont documentées en profondeur sur ce site. Notre étude du marché immobilier de Kanagawa couvre l'arc Yokosuka-Atsugi, et la page consacrée à Okinawa détaille les particularités de l'île, dont le foncier loué à l'armée qui complique certaines parcelles. Pour Okinawa, lisez d'abord notre article sur acheter une maison à Okinawa quand on est étranger : la terre y est rare, les prix ne sont pas la bonne affaire que l'on imagine de loin, et une partie du sol appartient à des propriétaires privés tout en étant louée aux forces américaines.

Le froid est un critère d'achat, pas un détail

À Misawa, et dans une moindre mesure à Iwakuni ou dans l'intérieur du Kanagawa, le bâti japonais est bien moins isolé qu'un bâti américain ou européen. Une maison bon marché à l'achat peut coûter cher à chauffer, et le forfait de charges n'y suffira pas. Notre article sur l'isolation des maisons japonaises dit quoi vérifier et ce que coûte une reprise.

Ce qu'un bail japonais coûte en plus du loyer

C'est ici que les réflexes étrangers se trompent. Un bail japonais exige plusieurs mois de loyer à l'entrée, dont une partie ne revient jamais. Il faut le provisionner même quand des allocations existent, parce que l'argent sort du compte avant tout remboursement.

PosteNiveau habituelRécupérable ?
Shikikin (敷金, dépôt de garantie)1 à 2 moisOui, déduction faite du nettoyage et des réparations
Reikin (礼金, argent de remerciement)0 à 2 moisNon. C'est un cadeau au bailleur, par usage
Chukai tesuryo (chūkai tesūryō, commission d'agence)Jusqu'à 1 mois plus taxeNon
Société de garantie (hosho gaisha, 保証société)Environ un demi-mois, puis cotisation annuelleNon
Assurance incendie, changement de serrure15 000 à 30 000 ¥ (82 à 165 €)Non
Koshinryo (更新料, frais de renouvellement)Souvent 1 mois, tous les deux ansNon

Sur un loyer de 200 000 ¥ (1 100 €) par mois, des frais d'entrée de quatre à cinq mois, soit 800 000 à 1 000 000 ¥ (4 400 à 5 500 €), sont la norme. Les biens proposés à la communauté SOFA renoncent souvent au reikin, et le bureau du logement administre les composantes MIHA qui couvrent certains de ces frais non remboursables : demandez ce qui s'applique avant de négocier, pas après.

Partir avant terme

Les ordres de mutation vont plus vite que les baux. Les contrats japonais courent en général sur deux ans avec un préavis d'un à deux mois, et les agences habituées aux locataires militaires rédigent des baux dont elles savent qu'ils s'arrêteront à la mutation. Ne comptez pas sur une protection légale américaine dans un contrat régi par le droit japonais : lisez la clause de résiliation, en anglais, et faites-la confirmer par écrit.

Acheter plutôt que louer : ce que le statut SOFA change

Le Japon n'impose aucune restriction de nationalité à la propriété immobilière. Un acheteur sous statut SOFA obtient la pleine propriété du terrain et du bâti, exactement comme un ressortissant japonais, sans condition de résidence, sans partenaire local et sans autorisation administrative. Ce que le statut change, ce n'est pas le droit d'acheter, ce sont le financement, les formalités et l'allocation.

Financement : partez du principe que ce sera comptant

Les banques japonaises prêtent contre une zairyu kado (在留カード, carte de séjour) et des revenus de source japonaise. Le personnel SOFA n'a ni l'une ni les autres : il entre au Japon sous statut, pas sous visa, et sa solde vient des États-Unis. En pratique, l'achat se fait comptant. Un prêt VA américain ne peut pas financer un bien hors des États-Unis, et les quelques prêteurs spécialisés qui existent posent des conditions restrictives. C'est le mur que rencontre tout non-résident, décrit dans notre article sur le crédit immobilier au Japon pour un étranger.

Signer sans carte de séjour

L'enregistrement repose normalement sur un sceau déposé et un inkan shomeisho (印鑑証明書, certificat de sceau) délivré par une mairie japonaise, que le personnel SOFA, sans inscription au registre des résidents, ne peut pas obtenir par la voie ordinaire. La solution établie est un certificat de signature délivré par un consulat, utilisé avec un shiho shoshi (shihō shoshi, scribe judiciaire) qui procède au transfert de propriété. Toute l'opération peut se dérouler en anglais avec une agence bilingue. Nous expliquons ce que garantit exactement ce professionnel dans le rôle du shiho shoshi.

La règle d'allocation qui change le calcul

Le militaire qui achète ne perd pas purement et simplement son allocation de loyer. Selon la réglementation du ministère de la Défense, un logement acheté est traité en amortissant le prix d'acquisition sur 120 mois, et le montant mensuel obtenu est versé dans la limite du même plafond que pour un locataire, l'excédent restant à charge et la part non utilisée n'étant pas conservée. Les propriétaires n'ont pas droit aux mêmes composantes d'emménagement que les locataires. La référence est le DoD Financial Management Regulation, volume 7A : faites confirmer la règle en vigueur et votre plafond par le bureau du logement avant toute offre, car ce seul point décide si l'achat a un sens sur une affectation de trois ans.

Cas pratique chiffré : un appartement d'occasion près de Yokosuka

Soit un appartement d'occasion de 70 m² à Yokosuka, affiché 18 000 000 ¥ (98 900 €). Les frais d'achat au Japon, c'est-à-dire commission d'agence, droits d'enregistrement, scribe judiciaire et taxe d'acquisition, restent inférieurs ou égaux à 6 % du prix, un niveau bas au regard des standards européens. Notre décompte détaillé figure dans les frais d'achat immobilier au Japon.

PosteYensEuros (approx.)
Prix affiché18 000 00098 900 €
Frais d'achat (6 % au plus)1 080 0005 900 €
Total investi19 080 000environ 104 800 €
Loyer de marché s'il est loué, par an1 560 0008 600 €
Charges de copropriété et fonds de travaux-300 000-1 650 €
Taxe foncière et taxe d'urbanisme-120 000-660 €
Gestion locative, 5 %-78 000-430 €
Net avant impôt et gros travaux1 062 000environ 5 840 €

Soit un rendement net d'environ 5,5 % avant impôt, sur un actif que l'on conserve après la mutation. Deux chiffres méritent attention. Les charges mensuelles et le fonds de travaux, souvent 15 000 à 40 000 ¥ (82 à 220 €) réunis sur une copropriété, sont permanents et augmentent avec l'âge de l'immeuble : notre article sur les charges de copropriété au Japon explique comment ils sont fixés. Et la fiscalité de détention reste modeste, à 1,4 % de la valeur cadastrale plus jusqu'à 0,3 % de taxe d'urbanisme, les valeurs cadastrales étant très inférieures au prix de marché, comme le détaille la taxe foncière au Japon.

Louer à des militaires américains : le point de vue du bailleur

Retournez l'article et vous tenez un angle d'investissement que peu d'acheteurs étrangers au Japon ont examiné. Une concentration de locataires dont le logement est financé par une allocation, dans des villes où la demande se renouvelle, est un profil rare dans un pays où la demande locative rurale se contracte.

  • Le loyer est adossé à une allocation, dans la limite d'un plafond publié. Cela ne fait pas de l'État votre locataire et ne garantit pas le paiement, mais le budget logement du locataire est défini et connu à l'avance.
  • La demande se renouvelle selon un cycle fixe. Les affectations durent deux à quatre ans : les départs sont fréquents, les remplacements aussi, et le vivier ne dépend pas de l'économie locale.
  • Les critères sont connus. Un bien conforme aux exigences d'habitabilité, avec stationnement, surface suffisante et état correct, se loue à une file d'attente identifiée.
  • L'anglais est la norme. Les agences spécialisées gèrent des baux bilingues ; un bailleur qui vit à l'étranger passe par elles.

Ce que cela exige de vous

Vous ne gérerez pas cela seul depuis un autre continent. Une rotation tous les deux à quatre ans, ce sont des visites, des états des lieux et une relocation à répétition, et les critères du bureau du logement s'appliquent au bien, pas à votre bonne volonté. Une société de gestion locale n'est pas optionnelle ici : notre guide sur la gestion locative à distance au Japon expose ce que font les mandataires et ce qu'ils facturent. Le parc qui convient à cette demande, à savoir des appartements et des maisons avec stationnement dans les villes-bases, n'est pas l'akiya (akiya, maison vacante) de campagne que la plupart des acheteurs étrangers ont en tête : parcourez notre catalogue de biens japonais et filtrez par préfecture avant de supposer que les deux se recouvrent.

Une mise en garde contre la concentration : la demande locative d'une ville-base repose sur une décision politique prise ailleurs. Le dispositif militaire américain au Japon est périodiquement renégocié, et un bien dont tout le modèle économique tient à une seule emprise porte un risque qu'une ville de la banlieue de Yokohama ne porte pas. Achetez un bien qui se louerait, ou se revendrait, aussi à un ménage japonais.

Fiscalité : ce que le SOFA exonère, et ce qu'il n'exonère pas

C'est le point où circulent le plus d'affirmations fausses, alors prenons-le à la source. Le service d'assistance juridique de l'US Navy pour le Pacifique occidental l'écrit noir sur blanc : les militaires, les membres de la composante civile et leurs personnes à charge ne sont pas redevables de l'impôt japonais sur le revenu pour les revenus versés par l'armée américaine au Japon et, dans le même document, si vous percevez un revenu de source japonaise, vous devrez payer l'impôt japonais sur le revenu, sous le régime du SOFA.

Or un loyer tiré d'un bien situé au Japon est par définition un revenu de source japonaise. Donc :

  • La solde et la pension militaires échappent à l'impôt japonais sur le revenu.
  • Les loyers d'un bien japonais, non. Ils sont imposables au Japon quel que soit le statut.
  • Le personnel SOFA est traité comme non-résident au regard de la fiscalité japonaise, ce qui détermine le régime applicable à ces loyers.

Ce régime des non-résidents est celui que nous détaillons dans l'imposition des revenus locatifs japonais d'un non-résident. Deux conséquences pratiques. D'abord, la retenue à la source de 20,42 % s'applique aux loyers versés par un locataire personne morale, mais pas lorsque le locataire est un particulier qui occupe le logement pour lui-même ou sa famille, ce qui est précisément le cas quand on loue à un militaire. Ensuite, un propriétaire non-résident désigne en général un nozei kanrinin (nōzei kanrinin, représentant fiscal) pour déposer la déclaration annuelle, le kakutei shinkoku (kakutei shinkoku) : voir notre article sur le représentant fiscal au Japon.

Rien de tout cela n'efface les obligations du pays de résidence : un contribuable français déclare ses revenus fonciers japonais en France, sous réserve de la convention fiscale, et un contribuable américain reste redevable de ses obligations déclaratives auprès de l'IRS. Détenir au Japon, c'est déclarer dans deux pays, et l'articulation des deux relève d'un professionnel compétent dans les deux systèmes.

Les erreurs à éviter

  1. Signer avant l'agrément du bureau du logement. C'est l'agrément qui ouvre l'allocation. Un bail signé d'abord peut laisser un logement jugé non conforme à financer seul.
  2. Budgéter le loyer en oubliant le mur des frais d'entrée. Quatre à cinq mois de loyer sortent du compte à la signature, dont une partie ne revient jamais.
  3. Se loger très en dessous du plafond pour économiser. La part non utilisée n'est pas conservée : on baisse son standard de logement sans rien gagner sur la ligne du loyer.
  4. Croire que le statut SOFA exonère les revenus locatifs. Il exonère la solde de source américaine, pas un loyer de source japonaise. La distinction figure dans la documentation publiée par les services juridiques militaires eux-mêmes.
  5. Acheter pour une affectation de deux ans. Les frais d'achat, même limités à 6 %, les frais de revente et un marché qui ne s'apprécie pas comme une banlieue américaine demandent des années pour être absorbés. Lisez revendre un bien immobilier au Japon avant d'acheter, pas après.
  6. Supposer que le bâti conserve sa valeur. Au Japon la construction se déprécie et c'est le terrain qui porte la valeur, l'inverse du réflexe américain : nous l'expliquons dans pourquoi les maisons japonaises perdent de la valeur. Une maison en bois près d'une base vaut ce que vaut son terrain.
  7. Attendre d'un bien qu'il agisse sur le statut. Posséder une maison au Japon ne donne aucun visa ni droit de séjour. La présence d'un militaire tient à ses ordres, et à rien d'autre, ce qui compte le jour où ces ordres prennent fin.

Conclusion : un marché qui récompense la préparation

Le logement hors base au Japon est bien organisé, et ce qui fait trébucher est connu d'avance : obtenir l'agrément avant de signer, traiter les trois composantes de l'OHA comme trois choses distinctes, et provisionner le mur des frais d'entrée japonais. Pour une affectation courte, la location est le choix par défaut, et c'est le bon.

L'achat est une option réelle, mais il se décide sur deux faits plutôt que sur l'enthousiasme : le paiement sera presque toujours comptant, et l'allocation traite l'acquisition comme le prix étalé sur 120 mois dans la limite du plafond. Là où ce calcul fonctionne, un appartement de ville-base peut tenir 5 % net et survivre à l'affectation. Là où il ne fonctionne pas, bien louer vaut mieux que mal posséder.

Pour un investisseur francophone, l'intérêt est ailleurs : c'est l'une des rares poches du Japon où la demande locative est structurée, solvable et renouvelée, à condition de ne pas y concentrer tout son patrimoine. Pour voir ce que le marché propose, commencez par les biens que nous suivons dans tout le Japon et par notre guide complet de l'achat immobilier au Japon. Si vous préférez confier la recherche, les vérifications et la négociation, de la recherche du bien à la remise des clés, c'est l'objet de notre accompagnement. Les questions se traitent par écrit, sans engagement.

Questions fréquentes

Un militaire américain peut-il vivre hors base au Japon ?

Oui, dans la plupart des cas. Il faut le statut SOFA, l'autorisation du commandement et l'agrément du bien précis par le bureau du logement avant la signature du bail. Certains postes imposent le logement dans l'emprise, et l'éligibilité peut dépendre du grade et de la situation familiale.

À combien s'élève l'allocation logement pour le Japon ?

Elle dépend de la localité et du grade, et les tables de taux sont révisées régulièrement. Les plafonds vont de moins de 100 000 ¥ (550 €) par mois sur certaines bases rurales à plusieurs fois ce montant à Tokyo. Le montant applicable se vérifie dans l'outil officiel de la DTMO et auprès du bureau du logement.

Le personnel sous statut SOFA peut-il acheter au Japon ?

Oui. Le Japon n'impose aucune restriction de nationalité ni de résidence à la propriété, et un acheteur SOFA obtient la pleine propriété du terrain et du bâti comme un ressortissant japonais. La contrainte est le financement : sans carte de séjour ni revenus japonais, les banques japonaises ne prêtent pas, donc l'achat se fait comptant.

Le SOFA exonère-t-il de l'impôt japonais sur les revenus locatifs ?

Non. Le SOFA exonère les revenus versés par l'armée américaine au Japon. Un loyer tiré d'un bien situé au Japon est un revenu de source japonaise, imposable au Japon. Le personnel SOFA étant traité comme non-résident au plan fiscal, c'est le régime des non-résidents qui s'applique à ces loyers.

Combien coûte l'entrée dans un logement loué au Japon ?

En général quatre à cinq mois de loyer à la signature : un à deux mois de dépôt récupérable, jusqu'à deux mois d'argent de remerciement non récupérable, jusqu'à un mois de commission d'agence plus taxe, une société de garantie et l'assurance. Les biens proposés à la communauté militaire renoncent souvent à l'argent de remerciement.

Garde-t-on la différence si le loyer est inférieur au plafond OHA ?

Pas sur la composante loyer : le remboursement porte sur le loyer réellement payé et la part inutilisée du plafond revient à l'administration. L'allocation de charges et d'entretien fonctionne à l'inverse, en forfait : dépenser moins que le forfait laisse la différence acquise.

Investir près d'une base américaine au Japon, est-ce rentable ?

Cela peut l'être, car la demande se renouvelle selon un cycle d'affectation fixe et les locataires disposent d'un budget logement défini. Les risques sont la concentration et la mobilité : le dispositif militaire relève d'une décision politique, et le bâti japonais se déprécie tandis que le terrain porte la valeur. Achetez un bien qui se louerait aussi à un ménage japonais.

Peut-on financer un achat au Japon avec un prêt VA américain ?

Non. L'éligibilité au prêt VA ne s'étend pas aux biens situés hors des États-Unis et de leurs territoires. Quelques prêteurs spécialisés proposent un financement en yens à des acheteurs sans carte de séjour, à des conditions restrictives, mais l'hypothèse réaliste pour un achat au Japon reste le comptant.

Sources officielles

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