Banque de données des akiya et maisons abordables au Japon

Donation immobilière au Japon : le guide du zōyozei

Donner un bien immobilier situé au Japon déclenche le zōyozei, l'impôt japonais sur les donations : abattement de 1 100 000 ¥ par an et par donataire, puis un barème progressif de 10 à 55 %, auquel s'ajoutent 2 % de droits d'enregistrement et 3 % de taxe d'acquisition. Le bien japonais est taxé même quand le donateur et le donataire vivent tous les deux hors du Japon. Pour un patrimoine japonais modeste, la succession revient presque toujours moins cher que la donation, sauf si le bien doit prendre de la valeur, ou si vous utilisez le régime sōzoku-ji seisan kazei qui laisse passer 25 000 000 ¥ sans impôt immédiat.

Façade de la mairie de Kyoto, bâtiment administratif japonais en pierre
Photo : W2z · CC0

Donation ou succession : la réponse courte, en chiffres

La question que se posent tous les propriétaires étrangers d'un bien au Japon tient en une phrase : vaut-il mieux transmettre maintenant, ou laisser faire la succession ? Le droit fiscal japonais répond par les coûts, et ils ne vont pas dans le même sens.

Le Japon applique deux impôts distincts mais liés : le zōyozei (zōyo-zei, impôt sur les donations), dû par celui qui reçoit, et le sōzokuzei (sōzoku-zei, impôt sur les successions), traité en détail dans notre article sur les droits de succession sur un bien immobilier japonais. Le premier est volontairement plus lourd que le second : l'objectif du législateur est d'empêcher qu'on vide une succession par des donations.

CritèreDonation (zōyozei)Succession (sōzokuzei)
Abattement1 100 000 ¥/an et par donataire (≈ 7 300 €)30 000 000 ¥ + 6 000 000 ¥ par héritier
Taux10 % à 55 % (atteint 55 % dès 45 000 000 ¥)10 % à 55 % (55 % au-delà de 600 000 000 ¥)
Droits d'enregistrement2 % de la valeur cadastrale0,4 % de la valeur cadastrale
Taxe d'acquisition immobilière3 %Aucune
Moment du paiementImmédiat (déclaration au 15 mars suivant)10 mois après le décès

Traduction concrète : à valeur égale, une donation coûte beaucoup plus cher qu'une succession. Elle ne se justifie que pour trois raisons : sortir du patrimoine taxable un bien appelé à prendre de la valeur, éviter une indivision successorale conflictuelle, ou organiser la gestion du bien de son vivant. Si votre patrimoine japonais reste sous l'abattement successoral, donner revient souvent à payer un impôt que vos héritiers n'auraient jamais payé.

Un bien situé au Japon est toujours taxé, même entre non-résidents

C'est le point que les propriétaires étrangers découvrent trop tard. La règle japonaise de territorialité distingue les kokunai zaisan (国内財産, biens situés au Japon) des biens situés à l'étranger. Pour les seconds, la taxation dépend de la résidence et de la nationalité du donateur et du donataire, avec des règles de durée de séjour complexes. Pour les premiers, il n'y a aucune échappatoire :

Un immeuble situé au Japon est soumis au zōyozei dans tous les cas, quelles que soient la nationalité et la résidence du donateur comme du donataire. Un père français résidant en France qui donne un appartement d'Osaka à sa fille résidant au Canada déclenche l'impôt japonais.

Le donataire non-résident doit nommer un représentant fiscal

Le zōyozei est payé par celui qui reçoit, auprès du bureau des impôts de son domicile. Un donataire qui n'a pas de domicile au Japon doit donc désigner un nōzei kanrinin (nōzei kanrinin, représentant fiscal chargé des formalités auprès de l'administration). Sans lui, ni déclaration ni paiement ne sont possibles, et les pénalités de retard courent. Le sujet est développé dans notre article sur le représentant fiscal au Japon : c'est la même personne qui gère en général vos obligations de propriétaire bailleur.

La double imposition n'est pas automatiquement neutralisée

La convention fiscale franco-japonaise couvre l'impôt sur le revenu et la fortune, mais la France et le Japon n'ont pas de convention spécifique en matière de donations. En pratique, chaque pays applique son droit interne, et le droit français prévoit une imputation de l'impôt étranger sur les biens situés hors de France. Faites valider votre schéma par un fiscaliste des deux côtés avant de signer : c'est la seule dépense de conseil que nous recommandons systématiquement.

Le barème du zōyozei : abattement annuel et taux de 10 à 55 %

Le régime par défaut s'appelle rekinen kazei (暦年課税, taxation par année civile). Chaque donataire bénéficie d'un abattement de 1 100 000 ¥ par année civile (≈ 7 300 €), toutes donations confondues et quel que soit le nombre de donateurs. Au-delà, le barème s'applique sur le montant restant.

Le Japon utilise deux barèmes différents. Le barème dit spécial (tokurei zōyo zaisan, 特例贈与財産) s'applique aux donations consenties par un ascendant en ligne directe (parent, grand-parent) à un donataire âgé d'au moins 18 ans au 1er janvier de l'année. Toutes les autres donations (entre époux, entre frères et sœurs, d'un oncle à un neveu) relèvent du barème général, plus lourd.

Base taxable (après abattement)Barème spécial (parent → enfant 18 ans et +)Barème général (autres cas)
≤ 2 000 000 ¥10 %10 %
≤ 3 000 000 ¥15 % − 100 000 ¥15 % − 100 000 ¥
≤ 4 000 000 ¥15 % − 100 000 ¥20 % − 250 000 ¥
≤ 6 000 000 ¥20 % − 300 000 ¥30 % − 650 000 ¥
≤ 10 000 000 ¥30 % − 900 000 ¥40 % − 1 250 000 ¥
≤ 15 000 000 ¥40 % − 1 900 000 ¥45 % − 1 750 000 ¥
≤ 30 000 000 ¥45 % − 2 650 000 ¥50 % − 2 500 000 ¥
≤ 45 000 000 ¥50 % − 4 150 000 ¥55 % − 4 000 000 ¥
> 45 000 000 ¥55 % − 6 400 000 ¥55 % − 4 000 000 ¥

Lecture : le montant en ¥ qui suit le taux est une déduction forfaitaire à retrancher après application du taux. Pour une base taxable de 19 900 000 ¥ au barème spécial : 19 900 000 × 45 % − 2 650 000 = 6 305 000 ¥ d'impôt (≈ 42 000 €).

Deux dispositifs qui allègent réellement la note

  • Abattement entre époux (haigūsha kōjo, 配偶者kōjo) : 20 000 000 ¥ supplémentaires (≈ 133 000 €) pour la donation d'un logement d'habitation situé au Japon, ou des fonds pour l'acquérir, entre époux mariés depuis plus de vingt ans. Le donataire doit habiter le logement au plus tard le 15 mars de l'année suivante et avoir l'intention d'y rester. Utilisable une seule fois avec le même conjoint, cumulable avec l'abattement de 1 100 000 ¥.
  • Aide à l'acquisition d'un logement (jūtaku shutoku-tō shikin, jūtaku取得等資金) : jusqu'à 10 000 000 ¥ exonérés (≈ 67 000 €) pour un logement à haute performance énergétique, 5 000 000 ¥ sinon, quand un ascendant finance l'achat d'un logement au Japon occupé par le donataire. Mesure applicable jusqu'au 31 décembre 2026, sous conditions strictes de surface, de performance et de revenus.

La déclaration se fait entre le 1er février et le 15 mars

Le donataire dépose sa déclaration de zōyozei et paie l'impôt entre le 1er février et le 15 mars de l'année suivant la donation. Une donation signée le 20 décembre et une donation signée le 5 janvier suivant sont donc séparées de quinze jours, mais relèvent de deux années civiles différentes : deux abattements de 1 100 000 ¥. C'est le premier levier gratuit du calendrier.

Le régime sōzoku-ji seisan kazei : 25 000 000 ¥ sans impôt immédiat

À côté du régime par année civile, le Japon propose une option irrévocable : le sōzoku-ji seisan kazei (相続時精算課税, littéralement « taxation régularisée au moment de la succession »). L'idée : ne pas taxer la donation aujourd'hui, mais réintégrer sa valeur dans la succession plus tard.

Conditions et mécanique

  • Donateur : ascendant en ligne directe âgé d'au moins 60 ans au 1er janvier de l'année de la donation.
  • Donataire : enfant ou petit-enfant âgé d'au moins 18 ans au 1er janvier.
  • Franchise cumulée de 25 000 000 ¥ (≈ 167 000 €) par couple donateur-donataire, utilisable en une ou plusieurs fois. Au-delà, taux forfaitaire de 20 %, imputable ensuite sur les droits de succession.
  • Depuis le 1er janvier 2024, ce régime bénéficie en plus d'un abattement annuel propre de 1 100 000 ¥, et ce montant-là n'est pas réintégré dans la succession. C'est la vraie nouveauté de la réforme.
  • Irrévocable : une fois l'option exercée avec un donateur donné, impossible de revenir au régime annuel avec lui.

Le piège de la valeur figée : qui est aussi son intérêt

Au décès, le bien donné est réintégré dans l'assiette successorale à sa valeur au jour de la donation, pas à sa valeur au décès. C'est un pari : si votre appartement tokyoïte prend 40 % en dix ans, la plus-value échappe à l'impôt successoral. Si le bien se déprécie (le sort de la plupart des maisons japonaises, comme l'explique notre article sur la dépréciation du bâti et la valeur du terrain), vous aurez fait réintégrer une valeur supérieure à la réalité.

Le rappel de 7 ans du régime annuel

Le régime par année civile, lui, subit un rappel fiscal (seizen zōyo kasan, 生前贈与加算) : les donations consenties dans les dernières années de vie du donateur à une personne qui hérite sont réintégrées dans la succession. La réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2024 allonge progressivement cette période de 3 à 7 ans.

Date du décèsPériode de rappel
Jusqu'au 31 décembre 20263 ans avant le décès
Du 1er janvier 2027 au 31 décembre 2030Du 1er janvier 2024 à la date du décès
À partir du 1er janvier 20317 ans avant le décès

Sur les années 4 à 7, un abattement global de 1 000 000 ¥ s'applique. Deux nuances utiles : le rappel ne vise que les personnes qui reçoivent effectivement quelque chose de la succession (une donation à un petit-enfant qui n'hérite pas y échappe), et les donations faites sous le régime sōzoku-ji seisan kazei ne sont pas concernées par ce rappel.

Comment le fisc japonais évalue le bien donné

Bonne nouvelle pour le donateur : l'assiette du zōyozei n'est pas le prix de marché. Le Japon utilise deux valeurs administratives, systématiquement inférieures.

ÉlémentBase d'évaluationOrdre de grandeur vs marché
Terrain (zones urbaines)rosenka (rosenka), valeur au mètre de façade de rue publiée par l'administration fiscale≈ 80 % du prix de marché
Terrain (zones rurales)valeur cadastrale × coefficient multiplicateurVariable, souvent inférieur
Bâtimentkotei shisanzei hyōkagaku (kotei shisan-zei hyōka-gaku, valeur cadastrale servant à la taxe foncière)≈ 40 à 60 % du coût de construction

La rosenka est publique et consultable en ligne, carte par carte. La valeur cadastrale du bâtiment figure sur l'avis de taxe foncière japonaise que reçoit chaque propriétaire, ou sur le certificat d'évaluation délivré par la mairie.

Conseil d'expert : l'écart d'évaluation est le vrai levier

Un bien acheté 30 000 000 ¥ peut n'être évalué que 21 000 000 ¥ pour le calcul de l'impôt sur les donations. Transmettre de l'immobilier japonais plutôt que du cash fait donc mécaniquement baisser l'assiette de 25 à 35 %. C'est l'une des raisons pour lesquelles les familles japonaises convertissent leur épargne en pierre avant de transmettre, et l'un des angles que nous travaillons dans nos études de projets d'investissement.

L'exception à connaître : la donation avec charge

Si vous donnez un bien en laissant au donataire une dette attachée (un crédit résiduel, par exemple), l'opération devient une futan-tsuki zōyo (負担付贈与, donation avec charge). Deux conséquences brutales : le bien est alors évalué au prix de marché et non à la rosenka, et le donateur peut être imposé sur une plus-value de cession à hauteur de la dette transmise, selon les règles décrites dans notre article sur la plus-value immobilière au Japon. Rappel utile : le crédit immobilier japonais reste de toute façon réservé aux résidents salariés au Japon, la plupart des acheteurs étrangers achètent comptant et ne sont donc pas concernés.

Les frais de mutation que tout le monde oublie : 2 % et 3 %

Le zōyozei n'est que la première ligne de la facture. Changer le nom sur le registre foncier a un coût, et il est nettement plus élevé pour une donation que pour une succession.

FraisDonationSuccessionBase de calcul
tōroku menkyozei (droits d'enregistrement)2 %0,4 %Valeur cadastrale
fudōsan shutokuzei (taxe d'acquisition immobilière)3 %NéantValeur cadastrale (assiette du terrain divisée par deux jusqu'au 31 mars 2027)
Honoraires du shihō shoshi50 000 à 100 000 ¥ (estimation courante)SimilairePar acte d'enregistrement

Le tōroku menkyozei (tōroku menkyo-zei, droits d'enregistrement) est cinq fois plus élevé en donation qu'en succession. Le fudōsan shutokuzei (fudōsan shutoku-zei, taxe d'acquisition immobilière) est plus radical encore : il ne s'applique pas du tout aux transmissions par décès, mais bien aux donations, au taux réduit de 3 % en vigueur jusqu'au 31 mars 2027.

L'inscription au registre passe obligatoirement par un shihō shoshi, le juriste japonais du transfert de propriété, qui déposera l'acte au bureau du cadastre. Le mécanisme du registre lui-même est expliqué dans notre article sur le tōki bo, le registre foncier japonais. À titre de comparaison, les frais d'achat d'un bien immobilier au Japon restent inférieurs à 6 % du prix : une donation coûte donc, en frais de mutation seuls, presque autant qu'un achat.

Cas pratique : une maison de Kyoto à 30 000 000 ¥ transmise à un enfant

Prenons une situation réelle de notre pratique, chiffrée de bout en bout. Un couple français possède une machiya de Kyoto achetée 30 000 000 ¥ (200 000 €). Le père, 68 ans, veut la transmettre à sa fille de 30 ans. Aucun autre bien japonais dans le patrimoine, un seul héritier.

Valeurs administratives retenues : valeur d'évaluation pour le zōyozei 21 000 000 ¥ (terrain à la rosenka 18 000 000 ¥ + bâti 3 000 000 ¥) ; valeur cadastrale servant aux frais de mutation 18 000 000 ¥ (dont 15 000 000 ¥ de terrain).

Scénario A : donation classique en une fois

  • Base taxable : 21 000 000 − 1 100 000 = 19 900 000 ¥
  • Barème spécial : 19 900 000 × 45 % − 2 650 000 = 6 305 000 ¥
  • Droits d'enregistrement : 18 000 000 × 2 % = 360 000 ¥
  • Taxe d'acquisition : (15 000 000 ÷ 2 × 3 %) + (3 000 000 × 3 %) = 315 000 ¥
  • Total : environ 6 980 000 ¥, soit 46 500 €

Scénario B : option sōzoku-ji seisan kazei

  • Base après abattement annuel : 19 900 000 ¥, inférieure à la franchise de 25 000 000 ¥ → 0 ¥ de zōyozei immédiat
  • Droits d'enregistrement + taxe d'acquisition : 675 000 ¥, dus tout de suite
  • Au décès : 19 900 000 ¥ réintégrés dans la succession, à la valeur de 2026
  • Total immédiat : 675 000 ¥, soit 4 500 €

Scénario C : ne rien faire et laisser la succession opérer

  • Abattement successoral pour un héritier : 30 000 000 + 6 000 000 = 36 000 000 ¥, supérieur aux 21 000 000 ¥ évalués → 0 ¥ de droits de succession
  • Droits d'enregistrement : 18 000 000 × 0,4 % = 72 000 ¥
  • Taxe d'acquisition : néant
  • Total : 72 000 ¥, soit 480 €

Verdict : pour ce patrimoine, la donation classique coûte près de cent fois la succession. Le régime sōzoku-ji seisan kazei est le bon compromis si le père veut que sa fille gère le bien dès aujourd'hui : il transfère la propriété et la responsabilité pour 4 500 €, sans impôt immédiat. La donation classique ne devient rationnelle qu'au-delà de l'abattement successoral, c'est-à-dire pour un patrimoine japonais dépassant nettement 36 000 000 ¥, ou pour un bien dont on anticipe une forte appréciation. Notre simulateur de rendement et de fiscalité permet de tester ces montants sur votre propre situation.

Les erreurs fréquentes qui coûtent le plus cher

1. Donner le bien par tranches annuelles sans compter les frais

Découper une maison en vingt parts de 1 050 000 ¥ pour rester sous l'abattement annuel semble malin. Mais chaque transfert de quote-part déclenche ses propres droits d'enregistrement, sa taxe d'acquisition et ses honoraires de shihō shoshi : comptez de l'ordre de 80 000 à 100 000 ¥ par année, soit près de 2 000 000 ¥ sur vingt ans, pour éviter 6 305 000 ¥ d'impôt. Le calcul peut être gagnant, mais il n'est pas gratuit.

2. Créer une indivision impossible à revendre

Le corollaire du point précédent : pendant vingt ans, le bien est en kyōyū (共有, copropriété indivise) entre parent et enfant. Toute vente exige l'accord de tous les indivisaires, et une revente de bien immobilier au Japon en indivision franco-japonaise avec un décès en cours de route devient un chantier juridique.

3. Oublier le rappel fiscal des dernières années

Une donation faite trois ans avant le décès n'a produit aucun effet successoral : elle est réintégrée, et vous avez payé le zōyozei pour rien. La donation est un outil de long terme, pas une manœuvre de dernière minute.

4. Signer sans acte écrit

Le droit japonais admet la donation verbale, mais elle est révocable tant qu'elle n'est pas exécutée, et l'administration fiscale exige une date certaine. Un contrat de donation (zōyo keiyakusho, 贈与keiyaku書) daté et scellé au hanko enregistré est indispensable, notamment pour prouver que vous n'avez pas fait une donation unique déguisée en versements annuels.

5. Négliger la fiscalité des loyers après le transfert

Si le bien est loué, le donataire devient redevable de l'impôt japonais sur les revenus locatifs dès le transfert, et doit s'organiser en conséquence : voir notre article sur les impôts sur les revenus locatifs pour un non-résident. La retenue à la source de 20,42 % applicable aux loyers versés à un non-résident change de destinataire, ce qui suppose de prévenir le locataire ou le gestionnaire.

6. Croire qu'une donation ouvre un droit au séjour

Recevoir un bien immobilier japonais ne donne aucun droit de séjour : ni visa, ni titre de résident, ni facilité d'obtention. Le sujet est traité dans notre article acheter une maison au Japon sans visa. L'immobilier et l'immigration sont deux dossiers indépendants au Japon.

En résumé : donner tôt ce qui va prendre de la valeur

La donation immobilière au Japon obéit à une logique simple une fois qu'on a les chiffres en tête. L'abattement annuel de 1 100 000 ¥ est trop faible pour transmettre un bien entier ; le barème monte vite ; les frais de mutation ajoutent 5 % à la note. Face à cela, l'abattement successoral de 30 000 000 ¥ plus 6 000 000 ¥ par héritier absorbe la plupart des patrimoines japonais détenus par des étrangers.

Trois règles de décision se dégagent :

  • Patrimoine japonais sous l'abattement successoral : ne donnez pas le bien en pleine propriété. Si vous voulez passer la main de votre vivant, l'option sōzoku-ji seisan kazei transfère la propriété pour le seul coût des frais de mutation.
  • Patrimoine au-dessus de l'abattement, ou bien appelé à s'apprécier : la donation devient rentable, surtout sur des actifs à fort potentiel comme les biens de centre-ville ou les biens exploités en location courte durée.
  • Dans tous les cas : anticipez de plus de sept ans, écrivez le contrat, et faites valider le schéma par un fiscaliste japonais et un fiscaliste de votre pays de résidence.

Avant de penser transmission, encore faut-il détenir le bon actif. Si vous n'en êtes pas là, commencez par notre guide complet de l'achat immobilier au Japon, parcourez les biens que nous suivons au Japon, ou parlez-nous de votre projet familial via notre page accompagnement personnalisé à l'achat : la structure de détention se décide avant l'achat, pas vingt ans après.

Questions fréquentes

Faut-il payer un impôt japonais si je donne mon appartement de Tokyo à mon fils qui vit en France ?

Oui. Un bien situé au Japon est soumis au zōyozei quelles que soient la nationalité et la résidence du donateur et du donataire. Votre fils devra déposer une déclaration au Japon entre le 1er février et le 15 mars de l'année suivante et désigner un représentant fiscal japonais.

Quel est le montant exonéré chaque année pour une donation au Japon ?

1 100 000 ¥ par donataire et par année civile, soit environ 7 300 €, tous donateurs confondus. Cet abattement se renouvelle chaque 1er janvier, ce qui permet d'étaler une transmission sur plusieurs années.

Vaut-il mieux donner ou laisser hériter un bien immobilier japonais ?

Dans la grande majorité des cas, laisser hériter coûte moins cher : l'abattement successoral atteint 30 000 000 ¥ plus 6 000 000 ¥ par héritier, contre 1 100 000 ¥ par an en donation, et les frais de mutation sont cinq fois plus faibles. La donation se justifie surtout au-delà de cet abattement ou pour un bien destiné à s'apprécier.

Comment fonctionne le régime sōzoku-ji seisan kazei ?

Sur option irrévocable, un parent ou grand-parent d'au moins 60 ans peut transmettre jusqu'à 25 000 000 ¥ à un enfant ou petit-enfant de 18 ans et plus sans impôt immédiat, plus 1 100 000 ¥ par an depuis 2024. La valeur donnée est réintégrée dans la succession, mais à sa valeur au jour de la donation.

Sur quelle valeur le fisc japonais calcule-t-il l'impôt sur les donations ?

Sur des valeurs administratives, pas sur le prix de marché : la rosenka pour le terrain, environ 80 % du marché, et la valeur cadastrale pour le bâtiment, souvent 40 à 60 % du coût de construction. Transmettre de l'immobilier plutôt que du cash réduit donc l'assiette de 25 à 35 %.

Combien coûte le changement de nom au registre foncier après une donation ?

Comptez 2 % de la valeur cadastrale de droits d'enregistrement, 3 % de taxe d'acquisition immobilière avec l'assiette du terrain divisée par deux jusqu'au 31 mars 2027, et les honoraires du shihō shoshi, en général 50 000 à 100 000 ¥ par acte.

Les donations faites avant le décès sont-elles réintégrées dans la succession japonaise ?

Oui, pour les personnes qui héritent. La période de rappel passe progressivement de 3 à 7 ans : 3 ans pour les décès jusqu'au 31 décembre 2026, puis un allongement graduel, et 7 ans pleins pour les décès à partir du 1er janvier 2031.

Recevoir un bien immobilier au Japon donne-t-il droit à un visa ?

Non. Ni l'achat ni la donation d'un bien immobilier japonais n'ouvrent de droit au séjour. Le visa relève d'une procédure entièrement distincte, fondée sur l'activité, l'emploi ou la situation familiale.

Sources officielles

Chiffrez votre projet

Passez des règles aux chiffres : le simulateur immoJapon estime revenus, rendement net, cash-flow et revente (en yen et en euros), puis confrontez-le aux Akiyas réellement disponibles.

Simuler une rentabilité Voir les Akiyas Découvrir Premium

Passer aux annonces

À lire ensuite