Acheter un bien ne donne AUCUN visa : la règle d'or
C'est la confusion la plus dangereuse chez les investisseurs étrangers. Détenir de l'immobilier au Japon ne confère aucun titre de séjour. Vous pouvez acheter autant de biens que vous voulez en tant que non-résident : cela ne vous donne ni visa, ni résidence, ni chemin vers la résidence permanente (eijūken).
Ce qui peut ouvrir droit à un visa, c'est l'ACTIVITÉ économique d'une véritable société que vous dirigez au Japon — pas la simple propriété. Le visa concerné est le keiei kanri (keiei-kanri, « gestion et administration »), délivré par l'agence des services d'immigration (Shutsunyūkoku Zairyū Kanri-chō, ISA).
Si votre objectif est uniquement d'acheter sans vous installer, aucun visa n'est nécessaire : voir acheter une maison au Japon sans visa. Le lien entre achat, financement et statut est détaillé dans le crédit immobilier au Japon pour un étranger.
Le visa keiei kanri : diriger une société réelle
Le visa keiei kanri s'adresse à qui vient créer et diriger une entreprise au Japon, ou en gérer une existante. Il ne récompense pas un placement passif : l'administration veut une activité économique substantielle et durable.
Concrètement, l'ISA examine notamment :
- un bureau physique (jigyōsho) réel et dédié au Japon — une simple adresse de domiciliation ne suffit généralement pas ;
- un plan d'affaires (jigyō keikakusho) crédible et viable ;
- un capital et des moyens suffisants pour faire tourner l'activité ;
- une substance réelle : clients, contrats, comptabilité, parfois emploi de personnel.
Une société immobilière peut être éligible — mais à condition d'exercer une vraie activité (achat-revente, promotion, gestion pour compte de tiers, exploitation hôtelière sous licence), pas de se limiter à encaisser des loyers sur un ou deux biens détenus passivement (voir plus bas).
La réforme 2025 : un capital nettement plus élevé
Historiquement, le seuil de capital de référence pour le keiei kanri était de 5 millions de yens (≈ 33 000 €). La réforme entrée en application en 2025 a nettement relevé les exigences : le seuil de capital de référence est fortement rehaussé — de l'ordre de 30 millions de yens (≈ 200 000 €) selon les orientations communiquées — et les conditions d'ensemble ont été renforcées (substance de l'activité, sérieux du plan, moyens humains).
À formuler prudemment : les montants et modalités exacts relèvent des textes de l'ISA et peuvent évoluer ; ne vous engagez jamais sur la seule base d'un chiffre lu en ligne. Vérifiez l'état du droit auprès de l'Shutsunyūkoku Zairyū Kanri-chō (ISA) et faites-vous conseiller par un professionnel de l'immigration (gyōsei shoshi spécialisé).
| Élément | Avant réforme (repère) | Après réforme 2025 (orientation) |
|---|---|---|
| Capital de référence | ≈ 5 M¥ (≈ 33 000 €) | fortement relevé (~30 M¥, ≈ 200 000 €) |
| Bureau physique | exigé | exigé, contrôle renforcé |
| Plan d'affaires | exigé | exigé, exigences accrues |
| Substance de l'activité | appréciée | scrutée plus strictement |
Message clé : le visa keiei kanri devient plus exigeant en capital et en sérieux. Il n'est pas un raccourci pour « acheter du locatif et obtenir un visa ».
GK ou KK : quelle structure pour la société ?
Pour porter l'activité, deux formes de sociétés dominent au Japon :
gōdō gaisha (GK) — la société simple
La gōdō gaisha (GK), proche de la LLC, est plus rapide et moins coûteuse à créer, avec une gouvernance souple. Elle convient à une petite structure de gestion immobilière ou d'exploitation.
kabushiki gaisha (KK) — la société par actions
La kabushiki gaisha (KK) est plus formelle, mieux perçue par les banques et partenaires, mais plus lourde et coûteuse à constituer et à administrer.
Le choix GK vs KK n'affecte pas le principe du visa : dans les deux cas, il faut une activité réelle, un bureau et un capital conformes. La KK rassure davantage les tiers ; la GK est plus économique pour démarrer. Un professionnel vous orientera selon la taille du projet.
La détention locative passive ne suffit pas
Voici l'erreur fréquente à éviter absolument : croire qu'acheter un ou deux appartements et les louer via une société suffit à décrocher un keiei kanri. La simple détention locative passive ne remplit généralement pas les critères : l'administration cherche une activité économique substantielle, pas un placement dormant.
Ce qui compte, c'est le caractère opérationnel de la société :
- volume et diversité de l'activité (plusieurs opérations, clients tiers) ;
- bureau réel, gestion effective, comptabilité tenue ;
- éventuellement emploi de personnel, contrats commerciaux ;
- plan d'affaires démontrant la viabilité et la pérennité.
Autrement dit : le visa récompense un entrepreneur, pas un rentier. Si votre projet est d'acheter pour louer sans créer d'activité, l'achat reste possible sans visa — mais ne comptez pas sur l'immobilier seul pour vous installer. Pour bâtir un projet cohérent (achat, structure, exploitation), appuyez-vous sur notre guide de l'achat immobilier au Japon et découvrez des cas concrets dans nos réalisations.
Conclusion : séparer nettement l'achat et le visa
Retenez la ligne rouge : l'immobilier n'ouvre aucun droit au séjour. Le visa keiei kanri récompense une société réelle et active — bureau physique, plan d'affaires solide, capital conforme (fortement relevé par la réforme 2025, de l'ordre de 30 M¥), et une substance opérationnelle que la simple détention locative n'atteint pas. GK pour démarrer léger, KK pour rassurer les partenaires.
Vérifiez toujours l'état du droit auprès de l'Shutsunyūkoku Zairyū Kanri-chō (ISA) et du Hōmushō, et faites-vous conseiller par un professionnel de l'immigration. Pour construire un projet immobilier cohérent, du choix des biens à l'exploitation, découvrez notre accompagnement personnalisé.
Questions fréquentes
Acheter un bien immobilier au Japon donne-t-il un visa ?
Non. La détention d'immobilier ne confère aucun titre de séjour au Japon, quel que soit le montant investi. Un non-résident peut acheter librement, mais cela n'ouvre ni visa ni résidence. Seule l'activité d'une véritable société dirigée au Japon peut ouvrir droit au visa keiei kanri.
Peut-on obtenir le visa keiei kanri avec une société immobilière ?
Oui, mais seulement si la société exerce une activité réelle et substantielle (achat-revente, gestion pour tiers, exploitation sous licence), avec bureau physique, plan d'affaires et capital conformes. La simple détention locative passive d'un ou deux biens ne suffit généralement pas aux yeux de l'ISA.
Quel capital faut-il pour le visa business manager en 2025 ?
Le seuil de référence, historiquement autour de 5 millions de yens, a été fortement relevé par la réforme de 2025, avec des orientations évoquant de l'ordre de 30 millions de yens (≈ 200 000 €) et des exigences renforcées. Les montants exacts relèvent de l'ISA et peuvent évoluer : vérifiez toujours l'état du droit avant de vous engager.
Faut-il créer une GK ou une KK pour ce visa ?
Les deux sont possibles. La gōdō gaisha (GK) est plus rapide et moins coûteuse à créer, idéale pour démarrer léger. La kabushiki gaisha (KK) est plus formelle et mieux perçue par les banques et partenaires, mais plus lourde. Dans les deux cas, une activité réelle, un bureau et un capital conformes restent exigés.
Un simple investissement locatif peut-il suffire pour le visa ?
Non, en général. La détention locative passive est considérée comme un placement, pas comme une activité entrepreneuriale. L'ISA recherche une société opérationnelle avec substance économique. Pour vous installer durablement, il faut donc un vrai projet d'entreprise, pas seulement des loyers encaissés.
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