Guide gratuit & indépendant pour acheter un bien immobilier au Japon

Créer une société au Japon pour investir : GK ou KK ?

Créer une société au Japon pour investir sert surtout à détenir des biens en nom propre de la structure, exploiter du minpaku ou préparer un visa business manager. Deux formes dominent : la gōdō gaisha (GK, proche de la SARL, ~100 000 ¥ de constitution) et la kabushiki kaisha (KK, proche de la SA, ~250 000 ¥ avec frais notariés). Attention : détenir une société ne donne aucun visa automatique — c'est une brique, pas un sésame.

Pourquoi créer une société pour investir au Japon

Un étranger peut acheter un bien au Japon en son nom propre, sans résidence ni visa. Créer une société n'est donc jamais obligatoire pour acheter. Elle devient pertinente dans trois cas précis :

  • Détenir plusieurs biens ou un immeuble de rapport dans une structure dédiée (isolation du patrimoine, transmission, revente de parts) ;
  • Exploiter une activité comme le minpaku (minpaku, location courte durée) ou un ryokan (旅館, auberge) : une licence d'exploitation est souvent plus simple à porter par une société ;
  • Préparer un visa keiei kanri (keiei kanri, gestion d'entreprise, dit « business manager »), qui exige une véritable entreprise active — la société est alors un préalable indispensable.

La société n'est pas un montage fiscal magique : elle a un coût de tenue (comptable, déclarations) et n'a de sens qu'au-delà d'un certain volume. Pour un premier achat de résidence, elle est généralement inutile : voyez d'abord notre guide d'achat.

Gōdō gaisha (GK) vs kabushiki kaisha (KK) : le comparatif

Le droit japonais offre principalement deux formes de société à responsabilité limitée. La gōdō gaisha (gōdō gaisha, GK, calquée sur la LLC américaine) est simple et bon marché ; la kabushiki kaisha (kabushiki gaisha, KK, société par actions, proche de la SA) est plus prestigieuse et mieux reconnue des banques et partenaires.

CritèreGōdō gaisha (GK)Kabushiki kaisha (KK)
NatureType LLC / SARLType SA / société par actions
Coût de constitution~100 000 ¥ (≈ 670 €)~250 000 ¥ (≈ 1 670 €)
Statuts notariésNon requisRequis (~50 000 ¥ de frais notariés)
Taxe d'enregistrement tōroku menkyo-zei60 000 ¥ minimum150 000 ¥ minimum
Capital minimum légal1 ¥ (symbolique)1 ¥ (symbolique)
Image / crédibilitéCorrecteMeilleure (banques, gros bailleurs)
Délai1 à 2 semaines2 à 3 semaines

La tōroku menkyo-zei (tōroku menkyo-zei, taxe d'enregistrement) est calculée sur le capital (0,7 %) avec un plancher : 60 000 ¥ pour une GK, 150 000 ¥ pour une KK. Pour un simple véhicule de détention immobilière, la GK suffit largement et coûte deux à trois fois moins cher. La KK se justifie si vous visez de la levée de fonds, des partenaires japonais exigeants, ou une image plus solide face aux banques.

Gérant représentant, adresse, capital : les points de vigilance

Le gérant représentant

Toute société doit avoir un représentant légal (daihyō shain pour une GK, daihyō torishimariyaku pour une KK). Depuis 2015, il n'est plus obligatoire qu'un représentant réside au Japon — un non-résident peut donc en principe créer et diriger la société. En pratique, une adresse et un contact au Japon restent quasi indispensables pour la banque et l'administration.

L'adresse du siège

La société a besoin d'une adresse enregistrée. Un domicile, un local, un bureau partagé ou une adresse de domiciliation peuvent convenir — mais certaines banques et le service immigration examinent la réalité du local, surtout si vous visez un visa.

Le capital

Le capital minimum légal est de 1 ¥, purement symbolique. Mais un capital crédible (souvent 3 à 5 M¥, soit 20 000 à 33 000 €) rassure banques et partenaires — et si vous préparez un visa keiei kanri, le seuil de capital est bien plus élevé (voir plus bas). Ne sous-capitalisez pas une société censée acheter de l'immobilier.

Fiscalité des sociétés et compte bancaire d'entreprise

L'impôt sur les sociétés

Une société japonaise est soumise à l'impôt sur les sociétés national (hōjin-zei, hōjin税), plus des impôts locaux (habitants et entreprises). Le taux effectif (jikkō zeiritsu, 実効税率) tourne autour de 30 à 34 % pour une PME selon la taille et la localité — restez prudent : ce taux dépend du bénéfice, du capital et de la commune. Cela reste souvent avantageux face au barème progressif des particuliers (jusqu'à 45 % + 10 % local) au-delà d'un certain revenu locatif, d'où l'intérêt d'une structure au-delà d'un volume donné. Comparez avec l'imposition des loyers en nom propre pour non-résident.

Le compte bancaire d'entreprise : le vrai obstacle

C'est la difficulté n°1. Ouvrir un compte professionnel pour une société détenue ou dirigée par un non-résident est souvent refusé par les banques japonaises, qui exigent un représentant résident, une adresse réelle et parfois une activité déjà visible. Sans compte, la société ne peut ni encaisser de loyers ni payer ses charges facilement. Prévoyez ce point en amont : c'est souvent lui qui conditionne la faisabilité du montage. Notre accompagnement intègre cette question dès le cadrage du projet.

Société et visa business manager : ne pas confondre

Beaucoup pensent qu'ouvrir une société au Japon ouvre droit à un visa. C'est faux. Détenir une gōdō gaisha ou une kabushiki kaisha ne confère aucun titre de séjour. La société est seulement un préalable au visa keiei kanri (keiei kanri), qui, lui, s'obtient sur dossier auprès du service immigration nyūkan (入管).

La réforme d'octobre 2025 a fortement relevé les exigences de ce visa : le capital requis est passé à 30 000 000 ¥ (≈ 200 000 €), avec des critères renforcés sur l'activité réelle, l'emploi et le plan d'affaires. Une simple société de détention passive de biens ne suffit généralement pas : l'immigration attend une entreprise véritablement gérée. Les détails sont dans notre article dédié au visa business manager pour l'immobilier.

Retenez la règle d'or : acheter un bien ne donne aucun visa, et créer une société non plus — seul un dossier keiei kanri validé le permet.

En résumé : une brique utile, pas une baguette magique

Créer une société au Japon pour investir a du sens dès que vous accumulez des biens, exploitez du minpaku ou préparez un visa keiei kanri. Pour un simple véhicule de détention immobilière, la gōdō gaisha (GK) est le choix par défaut : ~100 000 ¥ de constitution, statuts non notariés, rapide. La kabushiki kaisha (KK) se justifie pour la crédibilité bancaire et les partenaires.

Trois réflexes : 1) anticipez l'ouverture du compte professionnel, souvent le vrai goulet d'étranglement pour un non-résident ; 2) capitalisez sérieusement la société ; 3) ne confondez pas société et visa — la réforme 2025 a durci le keiei kanri (capital 30 M¥). Pour bâtir votre stratégie, voyez le montage d'un immeuble de rapport et faites tourner votre projet dans notre simulateur de rentabilité. Un doute sur la structure adaptée ? Parlons-en via notre accompagnement.

Questions fréquentes

Faut-il créer une société pour acheter un bien au Japon ?

Non. Un étranger, même non-résident, peut acheter un bien immobilier au Japon en son nom propre, sans société ni visa. Une société ne devient utile que pour détenir plusieurs biens, exploiter une activité comme le minpaku, ou préparer un visa business manager keiei kanri.

GK ou KK : quelle forme de société choisir pour investir ?

Pour un simple véhicule de détention immobilière, la gōdō gaisha (GK, type LLC) suffit : environ 100 000 ¥ de constitution, sans statuts notariés, rapide. La kabushiki kaisha (KK, type SA) coûte davantage (~250 000 ¥) mais offre une meilleure crédibilité auprès des banques et des partenaires japonais.

Créer une société au Japon donne-t-il un visa ?

Non. Détenir une société japonaise ne confère aucun titre de séjour. La société n'est qu'un préalable au visa business manager keiei kanri, obtenu sur dossier auprès de l'immigration. Depuis la réforme d'octobre 2025, ce visa exige un capital de 30 000 000 ¥ et une activité réellement gérée.

Quel est le taux d'impôt sur les sociétés au Japon ?

Le taux effectif combiné (impôt national hōjin-zei plus impôts locaux) tourne autour de 30 à 34 % pour une PME, selon le bénéfice, le capital et la commune. Ce chiffre reste indicatif : il varie et doit être validé avec un comptable japonais.

Un non-résident peut-il ouvrir un compte bancaire d'entreprise ?

C'est la principale difficulté. Les banques japonaises refusent souvent d'ouvrir un compte professionnel à une société dirigée par un non-résident, faute de représentant résident, d'adresse réelle ou d'activité visible. Il faut anticiper ce point très tôt, car il conditionne la faisabilité du montage.

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